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Quand un État africain rapatrie ses citoyens d'un autre État africain, ce n'est pas un fait divers. C'est un aveu d'échec collectif.
Publié le 20 mai 2026 à 22:29 UTC+0

Quand un État africain rapatrie ses citoyens d'un autre État africain, ce n'est pas un fait divers. C'est un aveu d'échec collectif.
Face à la montée des violences xénophobes en Afrique du Sud documentées le 20 mai 2026 par Human Rights Watch, le gouvernement ghanéen a annoncé le rapatriement de 300 de ses ressortissants vivant dans des zones touchées par les attaques. Cette décision, rapportée par plusieurs médias francophones africains, illustre la vulnérabilité des diasporas africaines au sein même du continent et la nécessité d'une diplomatie consulaire africaine plus forte et plus réactive.
La décision du Ghana est pragmatique, mais révélatrice. Accra ne peut pas attendre que Pretoria maîtrise une situation dont le gouvernement de Ramaphosa peine à prendre le contrôle politique. John Mahama, qui défendait à Genève le 18 mai une vision africaine souveraine de la santé mondiale, choisit ici l'action directe plutôt que la protestation diplomatique. C'est une forme de solidarité efficace, mais elle souligne l'incapacité de l'Union africaine à proposer un mécanisme commun de protection des citoyens africains victimes de violences dans d'autres pays membres du continent.
300 personnes rapatriées, c'est 300 familles déstabilisées, 300 projets de vie brisés, 300 histoires de migration qui se terminent par une évacuation d'urgence. Derrière les chiffres diplomatiques, il y a des Ghanéens qui avaient construit une vie en Afrique du Sud, qui avaient créé des commerces, élevé des enfants dans des écoles locales. La xénophobie détruit en quelques jours de violence ce que des années d'intégration avaient construit.
Un continent qui ne peut pas garantir la sécurité de ses propres citoyens sur son propre territoire ne peut pas sérieusement construire une zone de libre circulation. La ZLECAf prévoit la mobilité des marchandises. La mobilité des personnes, avec la protection qui l'accompagne, reste le grand chantier non résolu. L'incident de mai 2026 est un rappel brutal de cette lacune que ni l'UA ni la CEDEAO n'ont encore su combler.
L'Union africaine devrait-elle créer un mécanisme de protection consulaire panafricain pour ses citoyens en danger dans un pays membre ?
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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