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Le patron de l'OMS a choisi ses mots avec soin. Vitesse et ampleur : deux mots qui signifient que l'épidémie ne ralentit pas.
Publié le 20 mai 2026 à 22:32 UTC+0

Le patron de l'OMS a choisi ses mots avec soin. Vitesse et ampleur : deux mots qui signifient que l'épidémie ne ralentit pas.
Le 20 mai 2026, le directeur général de l'OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus a exprimé publiquement ses préoccupations face à "l'échelle et la vitesse" de l'épidémie d'Ebola Bundibugyo en cours en République démocratique du Congo. Cette déclaration, relayée par NPR le 20 mai, intervient trois jours seulement après la déclaration d'urgence sanitaire internationale du 17 mai et confirme que la dynamique épidémique continue de se détériorer. Les autorités sanitaires ont rapporté au moins 80 décès dans la province de l'Ituri.
Ce que dit Tedros le 20 mai est plus alarmant que la déclaration USPPI du 17 mai, parce qu'il parle désormais de dynamique d'accélération. Une épidémie qui s'intensifie trois jours après avoir été déclarée urgence internationale signifie que les mesures de confinement ne produisent pas encore leurs effets. Cela peut indiquer que les chaînes de transmission sont plus nombreuses que celles qui ont été identifiées, que les moyens de riposte sur le terrain sont insuffisants, ou que la géographie de l'Ituri, traversée par des groupes armés et des routes impraticables, ralentit chaque opération humanitaire.
La réponse internationale commence à se structurer. Les États-Unis ont annoncé des mesures de dépistage dans leurs aéroports. Des équipes MSF et OMS sont déployées dans les zones touchées. Mais la logistique dans l'Ituri est particulièrement difficile. La fenêtre d'opportunité pour contenir l'épidémie avant qu'elle ne s'installe durablement est étroite. Chaque jour de retard dans la riposte peut signifier des dizaines de cas supplémentaires dans des communautés qui n'ont ni les moyens de se protéger ni les ressources pour se soigner.
La répétition des épidémies africaines non contenues révèle une même lacune structurelle : des systèmes de surveillance épidémique insuffisants en zones rurales, des capacités de riposte tardives, une dépendance aux financements extérieurs pour les opérations d'urgence. L'Afrique de 2050 doit avoir ses propres capacités de réponse rapide aux épidémies, déployables en moins de 48 heures. C'est une question de souveraineté sanitaire, pas de générosité internationale.
La communauté internationale répondra-t-elle à temps à Ebola cette fois, ou attendra-t-elle que l'épidémie touche davantage ses propres ressortissants pour agir vraiment ?
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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