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Washington ne répond pas à Huawei avec des discours. Il répond avec des antennes.
Publié le 20 mai 2026 à 22:34 UTC+0

Washington ne répond pas à Huawei avec des discours. Il répond avec des antennes.
Le 20 mai 2026, plusieurs sources spécialisées ont révélé un déploiement massif d'infrastructures de télécommunications sans fil soutenu par les États-Unis au Nigeria et dans plusieurs pays d'Afrique de l'Ouest. Cette initiative s'inscrit dans la stratégie américaine de contrer la présence des technologies chinoises dans les réseaux africains, notamment les équipements Huawei et ZTE largement déployés sur le continent lors de la dernière décennie. L'Afrique de l'Ouest, avec le Nigeria en tête de file, est identifiée comme un terrain stratégique dans cette compétition technologique mondiale.
La compétition technologique sino-américaine en Afrique a une dimension concrète que l'on oublie parfois derrière les discours géopolitiques abstraits. Elle se joue dans les antennes des villages, dans les câbles sous-marins, dans les data centers d'Abidjan, de Lagos et de Nairobi. La Chine a pris une longueur d'avance considérable dans les années 2010-2020 : Huawei et ZTE ont câblé une grande partie du continent avec des prix compétitifs et des financements accessibles. L'initiative américaine est une tentative de rééquilibrage, avec beaucoup de terrain à rattraper.
Pour l'Afrique, cette compétition est à la fois une opportunité et un risque. L'opportunité : se faire équiper par deux puissances technologiques en compétition, ce qui peut faire baisser les prix et accélérer les déploiements. Le risque : devenir un terrain d'affrontement géopolitique où les choix technologiques sont dictés par des logiques de blocs plutôt que par les besoins réels des populations africaines. L'Afrique a besoin de connectivité. Elle a aussi besoin de choisir ses fournisseurs selon ses propres critères de souveraineté.
La connectivité numérique est l'infrastructure du 21e siècle comme les routes étaient celle du 20e. L'Afrique qui sera connectée en 2050 à des réseaux qu'elle ne contrôle pas aura changé de forme de dépendance sans avoir gagné sa souveraineté. La vraie question n'est pas "Huawei ou Cisco ?" mais "comment l'Afrique construit-elle sa propre industrie des télécommunications ?"
L'Afrique devrait-elle profiter de la compétition sino-américaine pour négocier de meilleures conditions, ou prend-elle le risque de choisir un camp ?
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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