Reportage · Procès OGP
Guinée : jugé pour 78 milliards GNF détournés, l'ex-patron de l'OGP clame son innocence
Devant la Cour de répression des infractions économiques et financières, Mandian Sidibé rejette les accusations de détournement visant l'Office guinéen de publicité. Il est présumé innocent.
Conakry — Publié le 1 novembre 2026 à 07:54

« C'est faux, archi faux. Je n'ai jamais eu un tel montant. » À la barre de la Cour de répression des infractions économiques et financières, à , Mandian Sidibé, ancien directeur général de l'Office guinéen de publicité, l'OGP, a rejeté vendredi l'accusation qui pèse sur lui : 78 milliards de francs guinéens de fonds publics détournés.
Il répond aussi d'abus de fonction, de corruption, d'atteinte à l'égalité des soumissionnaires, de concussion et de complicité, selon les comptes rendus d'audience. Des coprévenus sont évoqués, sans être nommés. Il est présumé innocent, et aucun verdict n'est annoncé.
Devant les juges, le prévenu a déroulé sa rémunération : 95 millions de francs guinéens de salaire par mois, 30 millions de carburant, 180 millions par an pour le logement. Une prime de 100 millions, perçue une fois en janvier 2022, aurait été remboursée. Sa version sur le montant des détournements est radicale : « Il n'y a aucune pièce justificative », dit-il, en parlant d'une accusation « inventée de toutes pièces ».
Il reconnaît en revanche un recrutement massif : « Je suis tombé dans le piège. » La masse salariale serait passée de 600 millions à 52 milliards de francs guinéens en trois ans, des employés payés 300 000 francs en gagnant jusqu'à trois millions à son départ. Il affirme n'avoir jamais trouvé de manuel de procédures à l'OGP et attribue la disparition de pièces comptables à l'explosion du dépôt de carburant qui a détruit le siège. Le tribunal lui a rappelé qu'un directeur général doit conserver ses archives.
Le juge Alpha Camara a évoqué un rapport d'inspection de 2022, relevant une masse salariale élevée et de nombreux stagiaires, ainsi qu'un rapport de l'Inspection générale d'État en 2025 sur des paiements sans justificatifs. Les chiffres avancés par la défense n'ont pas été vérifiés de façon indépendante.
Les réquisitions du parquet n'ont pas été rapportées.
La met sa justice économique à l'épreuve. Quand une entreprise publique perd ses archives dans une explosion, qui doit prouver quoi ?
Plus d’articles comme celui-ci dans ton fil :
Nos articles en tête de Google, pour toi :
Ajouter Scoop Afrique à mes sources GoogleSigné
Ce qu’il fallait retenir de la semaine, choisi par la rédaction. Court, vérifié, et lisible en cinq minutes.
Une sélection par semaine. Désabonnement en un clic.
Connectez-vous pour partager votre analyse sur cet article. Les contributions sont relues par la rédaction avant publication.
Chargement des commentaires…