Des obsèques nationales ont réuni le 4 septembre 2026 à Conakry les familles guinéennes et sierra-léonaises des 36 victimes de l'éboulement de la décharge de Dar-es-Salam, dont 17 ressortissants sierra-léonais.
Publie le 6 septembre 2026 à 12:12

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Trente-six cercueils alignés dans la cour de la mosquée turque de Bambéto, à Conakry. Parmi les familles venues pleurer, certaines ont traversé la frontière depuis la Sierra Leone pour reconnaître un fils, une sœur, un voisin. Nous avons perdu au moins sept personnes, nos cœurs saignent, nous sommes dans l'agonie, confie un survivant, la voix brisée.
Les obsèques nationales tenues le 4 septembre 2026 referment, provisoirement, l'un des drames les plus lourds qu'ait connus la capitale guinéenne cette année : l'éboulement de la décharge de Dar-es-Salam, qui a enseveli des habitations construites à flanc d'ordures. Le bilan s'élève à 36 morts, dont 17 ressortissants sierra-léonais, selon Guineenews, faisant de cette tragédie un deuil partagé entre deux nations voisines.
Le Premier ministre guinéen Amadou Oury Bah a assisté à la cérémonie aux côtés d'une délégation sierra-léonaise conduite par le ministre des Affaires étrangères Mohamed Rahman Swarray. Plusieurs habitations construites autour du site ont depuis été démolies, les autorités cherchant à empêcher qu'un tel scénario ne se reproduise.
Car c'est bien là la vraie cause du drame : des familles installées à quelques mètres d'une montagne de déchets, faute d'autre endroit où vivre dans une capitale qui pousse plus vite que ses infrastructures. Conakry n'est pas un cas isolé. De Lagos à Abidjan, l'urbanisation informelle transforme les décharges en angles morts mortels, invisibles jusqu'au jour où elles s'effondrent sur des vies.
D'ici 2050, l'Afrique de l'Ouest comptera des dizaines de villes de plus d'un million d'habitants. Ce deuil partagé entre Conakry et Freetown rappelle qu'aucune frontière ne protège d'une gestion urbaine défaillante, et qu'une région qui veut grandir doit d'abord apprendre à loger dignement ceux qui la peuplent.
Combien de décharges, dans votre ville, abritent aujourd'hui des familles qui n'ont nulle part ailleurs où aller ?
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