Alex Kiprotich, rédacteur au Standard Group, a été enlevé et détenu cinq heures sur une route du Kenya, la seconde attaque contre lui en trois mois, que le CPJ qualifie d'échec spectaculaire des autorités.
Publie le 6 septembre 2026 à 12:13

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21h20, route de Nakuru, ce 1er septembre 2026. Quatre hommes armés et masqués surgissent, interceptent un véhicule et en extraient le passager. Il s'appelle Alex Kiprotich, rédacteur au sein du groupe de presse Standard Group. Il restera détenu cinq heures avant d'être abandonné près du barrage de Masinga, à 230 kilomètres du lieu de l'enlèvement.
Ce n'est pas la première fois qu'on s'en prend à lui. Le 27 juin 2026 déjà, une tentative d'enlèvement avait échoué. Deux attaques en trois mois contre le même journaliste : c'est ce qui pousse le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) à sortir du registre habituel de la simple condamnation. Sa directrice Afrique, Angela Quintal, dénonce un échec spectaculaire des autorités kényanes à protéger l'un de leurs propres journalistes, et réclame une enquête indépendante.
AllAfrica rapporte l'ampleur de l'émoi suscité par cette seconde attaque au sein de la profession. Des titres locaux évoquent, sans confirmation officielle, qu'un des agresseurs aurait été identifié comme un policier de l'Operation Support Unit : une accusation grave, qu'il appartient désormais à une enquête indépendante de vérifier ou d'écarter.
Un continent qui veut enfin raconter sa propre histoire, loin des récits imposés depuis l'extérieur, ne peut le faire si ceux qui tiennent la plume craignent pour leur vie sur une route de nuit. La liberté de la presse n'est pas un luxe démocratique parmi d'autres : elle est le baromètre qui dit si un pays africain avance vers 2050 en confiance, ou recule dans la peur.
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