À Aboisso, le ministre des Mines a reconnu devant les populations qu'aucune activité alternative n'égale le prix de l'or clandestin. Le gouvernement mise sur des coopératives pour sortir l'orpaillage de l'illégalité.
Publie le 6 septembre 2026 à 12:11

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En aucun cas vous ne trouverez une activité alternative équivalente au prix auquel se vend l'or. La phrase est tombée dans le silence d'une salle d'Aboisso, prononcée par le ministre des Mines lui-même. Une franchise rare, venant d'un gouvernement qui vient pourtant combattre l'orpaillage clandestin.
Le 3 septembre 2026, Mamadou Sangafowa-Coulibaly s'est rendu à Aboisso, dans la région du Sud-Comoé, pour dialoguer directement avec les populations concernées par l'orpaillage illégal, rapporte FratMat. Le portail gouvernemental gouv.ci confirme la démarche et précise que les autorités régionales et les chefs traditionnels présents ont, fait notable, reconnu leur propre part de responsabilité dans l'ampleur prise par le phénomène.
Pourquoi cela compte : l'orpaillage illégal n'est pas qu'une affaire de trous creusés dans la terre. C'est une économie de survie qui abîme les sols, pollue les cours d'eau et prive l'État de recettes, tout en offrant à des milliers de familles un revenu immédiat que l'agriculture ou le commerce peinent à égaler.
Le vrai sujet, à Aboisso comme ailleurs sur le continent, c'est l'arbitrage entre l'or d'aujourd'hui et la terre de demain. Une Afrique qui veut peser en 2050 ne peut pas continuer à brader son sous-sol au prix d'une terre stérile et d'une rivière empoisonnée. Mais elle ne peut pas non plus exiger d'un jeune sans emploi qu'il renonce à un gain immédiat sans rien lui proposer en échange.
Organiser plutôt qu'interdire, c'est le pari du gouvernement ivoirien. Reste à savoir qui, des orpailleurs, des chefs traditionnels ou de l'État, tiendra vraiment sa part du compromis. Et vous, croyez-vous que des coopératives suffiront à sortir l'orpaillage clandestin de la clandestinité ?
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