Le lac est entré dans ma maison. Cette phrase, prononcée par un habitant du Rift Valley, résume à elle seule une crise climatique que le Kenya peine encore à endiguer.
Publie le 22 juillet 2026 à 22:31 - mis a jour le 14 août 2026 à 17:59

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Le lac est entré dans ma maison. Cette phrase, rapportée par RFI , vient d'un habitant de la région du Rift Valley au Kenya. Pas une image, un constat. Chez lui, l'eau a gagné.
Depuis plusieurs années, les lacs de la vallée du Rift kényane (Nakuru, Baringo, Bogoria) montent de façon spectaculaire, engloutissant routes, fermes et habitations entières. Les scientifiques évoquent une combinaison de pluies plus intenses, de déforestation en amont et de mouvements tectoniques naturels le long de cette faille est-africaine.
Pendant que les sommets internationaux débattent de financement climatique en termes abstraits, des familles entières perdent concrètement leur toit dans une région qui ne fait la une d'aucun sommet. C'est tout le paradoxe de la crise climatique africaine, vécue en silence loin des projecteurs de la COP.
Ces déplacements forcés créent aussi une tension nouvelle : où reloger des milliers de personnes dans une région déjà disputée entre éleveurs et agriculteurs ? Le climat, ici, ne fait pas que monter les eaux, il redessine aussi les rapports de force sur la terre.
Alors la question à poser à Nairobi : quelle stratégie nationale de relogement et d'adaptation climatique existe vraiment pour cette région, au-delà des visites officielles ponctuelles après chaque nouvelle inondation ?
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