Trois hauts responsables du secteur petrolier kenyan demissionnent apres des accusations de manipulation des stocks de carburant, une fraude de 3 milliards de shillings.

Une pénurie de carburant qui n'en était pas vraiment une. Un stock de 60 000 tonnes destiné à un autre pays, détourné vers Mombasa. Et trois carrières qui s'effondrent en quelques semaines.
Les principaux responsables du secteur énergétique kényan ont démissionné dans le cadre d'un scandale de carburant de gouvernement à gouvernement, rapporte Kenyan Wallstreet. Capital News précise que le secrétaire principal au Pétrole, Mohamed Liban, le directeur général de la Kenya Pipeline Company, Joe Sang, et le directeur général de l'Autorité de régulation de l'énergie et du pétrole, Daniel Kiptoo, ont tous trois quitté leurs fonctions à la suite d'accusations de manipulation des données nationales de stocks de carburant destinées à créer artificiellement une impression de pénurie.
Selon Capital News, les enquêteurs examinent la possibilité que cette opération ait visé à exploiter la crise au Moyen-Orient en inondant le marché kényan de carburant importé à des prix gonflés, potentiellement frelaté ou non conforme aux normes. Kenyans.co.ke rapporte que les autorités enquêtent également sur le détournement présumé d'une cargaison de 60 000 tonnes métriques de carburant initialement destinée à l'Angola, mais réacheminée vers le port de Mombasa dans des circonstances encore floues. Le montage financier représentait plus de 4 milliards de shillings kényans, dont environ 3 milliards auraient été perdus selon le ministère.
Le président William Ruto a promis une reprise en main ferme face aux cartels pétroliers, affirmant que le gouvernement prendrait des mesures décisives contre tout individu ou réseau reconnu coupable d'avoir manipulé les systèmes d'approvisionnement en carburant à des fins personnelles.
Pour les automobilistes et transporteurs kényans, confrontés à des hausses de prix justifiées par une pénurie aujourd'hui révélée comme largement artificielle, ce scandale confirme un soupçon tenace sur la gestion opaque du secteur énergétique national.
Ce n'est pas qu'une affaire de corruption administrative de plus. C'est la preuve qu'une pénurie peut être fabriquée de toutes pièces pour justifier des importations d'urgence à prix gonflés.
Un Kenya énergétique en 2050 devra avoir instauré une transparence totale sur ses stocks stratégiques, pour qu'aucune pénurie artificielle ne puisse plus jamais être orchestrée depuis l'intérieur de l'État.
Cette purge des hauts responsables suffira-t-elle à démanteler les cartels du carburant kényan, ou de nouveaux intermédiaires reprendront-ils rapidement le même schéma frauduleux ?
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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