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Kidal, reprise en 2023 par la junte et les mercenaires russes comme «victoire de la souveraineté», est de nouveau sous contrôle du Front de libération de l'Azawad après le retrait du Corps africain. Ce que la perte de cette ville symbolise pour le modèle AES.
Publié le 28 avril 2026 à 05:46 UTC+0

En novembre 2023, quand l'armée malienne et les soldats russes du Corps africain ont repris Kidal aux rebelles touareg, la junte de Goïta l'a présenté comme une victoire historique. La preuve que le partenariat avec la Russie fonctionnait. La preuve que le Mali pouvait reprendre le contrôle de son territoire sans l'aide de la France ni de la MINUSMA.
Lors des attaques coordonnées du 25 avril, le Front de libération de l'Azawad a lancé une offensive sur Kidal simultanément aux attaques du JNIM sur Bamako, Kati, Gao et Sévaré. Selon plusieurs sources concordantes, dont Jeune Afrique et SenCaféActu, les soldats du Corps africain (ex-Wagner) ont quitté leurs positions avant que les combats ne s'intensifient. Le FLA a rapidement pris le contrôle de la ville et l'a officiellement revendiqué.
Kidal est la capitale symbolique de l'Azawad, le territoire que les rebelles touareg revendiquent comme leur. Pour eux, sa reprise n'est pas une simple victoire militaire — c'est un acte de souveraineté.
Kidal est à 1 500 km de Bamako, dans le désert du nord malien. Sa population est réduite, son économie quasi inexistante. Mais symboliquement, elle est au cœur de deux questions que le Mali n'a jamais résolues depuis l'indépendance : comment intégrer les communautés touareg dans le projet national ? Et comment exercer une souveraineté réelle sur un territoire aussi vaste et aussi hostile ?
Quatre décennies de rébellions, trois accords de paix signés et violés, une opération militaire française, une mission de l'ONU, des mercenaires russes, rien n'a résolu le fond du problème.
Le modèle politique de l'AES repose sur deux piliers : la souveraineté (expulsion des forces étrangères, refus des conditionnalités) et la sécurité (le partenariat russe est censé garantir la protection du territoire). Avec Kidal de nouveau perdue et les soldats russes qui se retirent sans combattre, les deux piliers vacillent en même temps.
La souveraineté sans capacité de protéger son territoire n'est pas une souveraineté. C'est un slogan.
La vraie question que les populations du Sahel doivent se poser, c'est : quel modèle, quel partenariat, quelle politique est capable de garantir réellement leur sécurité ?
Source image de couverture : AFP
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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