Cobalt et cuivre
Kolwezi : la colère des creuseurs, entre ventes bloquées et déménagement de Kamilombe
Des creuseurs artisanaux manifestent à Kolwezi faute de débouchés pour leurs minerais. Dans le même temps, 58 présumés délinquants ont été présentés aux autorités.
Kolwezi — Publié le 27 octobre 2026 à 09:37

« Les exploitants artisanaux ne savent plus où vendre leurs minerais. » Cette phrase d'un mineur, rapportée par Actualite.cd, résume la crise qui secoue Kolwezi depuis près d'une semaine.
Le lundi 26 octobre, les creuseurs artisanaux sont revenus dans la rue, au cœur de la province du Lualaba. Pneus brûlés, tirs entendus, commerces et écoles fermés : Actualite.cd décrit une « psychose généralisée » jusque dans le centre-ville. Les manifestants réclament la réouverture immédiate de toutes les entités de traitement et refusent de vendre obligatoirement au Centre de négoce de Musompo, jugé trop loin. Ils contestent aussi les évaluations du Centre d'évaluation, d'expertise et de certification, et exigent les 33 zones d'exploitation artisanale promises.
Les autorités répondent autrement. La gouverneure Fifi Masuka Saïni affirme qu'aucune entité de traitement n'a été fermée et demande de vendre via des coopératives reconnues. Chico Kebonte, conseiller du ministre national des Mines, parle de contrôles pour assainir le secteur. Radio Okapi rapporte que le vendredi 23 octobre, les services de sécurité ont présenté 58 présumés délinquants, accusés de vandalisme et de troubles à l'ordre public. Ils restent présumés innocents. Aucun mort n'est signalé dans les articles lus.
Un autre dossier avance en parallèle. Toujours selon Radio Okapi, un protocole signé le 23 octobre prévoit de déplacer progressivement plus de 20 000 creuseurs du site de Kamilombe vers la zone d'exploitation artisanale 371, à environ 60 km de Kolwezi, contre environ 35 km selon Actualite.cd. Le SAEMAPE affiche les listes des propriétaires de puits à indemniser.
Le cobalt et le cuivre de ces galeries finissent dans les batteries du monde entier. Pour 2050, la question n'est plus de savoir s'il faut formaliser l'artisanal, mais de le faire avec des acheteurs proches, des prix lisibles et des creuseurs qui y gagnent. Sans cela, les cadres légaux se heurtent au terrain.
Selon toi, que faut-il garantir d'abord aux creuseurs pour que la formalisation tienne ?
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