N'Djamena notifie son retrait de la Cour pénale internationale, cinquième pays africain à quitter l'institution. Un geste qui déborde désormais le seul bloc sahélien.
Publie le 28 juillet 2026 à 14:03 - mis a jour le 6 septembre 2026 à 20:14

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Un communiqué, lundi matin, transmis directement au secrétaire général de l'ONU. Pas de conférence de presse, pas de grand discours. N'Djamena vient de notifier son retrait de la Cour pénale internationale, devenant le cinquième pays à le faire après le Venezuela, puis le Mali, le Niger et le Burkina Faso.
Le motif avancé tient en une phrase, sèche et calculée. Une justice à l'efficacité limitée et à géométrie variable. Les chiffres que N'Djamena brandit sont précis. Sur treize enquêtes ouvertes depuis 2002, neuf visent des États africains, quatre seulement le reste du monde, avec peu d'avancées. Sept personnes seulement sont aujourd'hui détenues par la Cour, dont six pour des dossiers africains. Le gouvernement tchadien parle de sélectivité, qu'elle soit voulue ou subie.
Ce retrait ne surprend qu'à moitié. Il rapproche le Tchad de la ligne défendue depuis 2025 par l'Alliance des États du Sahel, Mali, Niger et Burkina Faso réunis, qui a fait de la rupture avec les institutions issues de l'ordre occidental un marqueur politique. Sauf que le Tchad n'appartient pas à cette alliance. Son geste dit autre chose. La contestation de la justice internationale déborde désormais largement le seul bloc sahélien. Et l'annonce tombe quelques semaines à peine après la visite à N'Djamena de la procureure adjointe de la CPI, Nazhat Shameem Khan, dans un pays régulièrement pointé du doigt pour son soutien présumé aux paramilitaires de Mohamed Hamdane Daglo, dit Hemedti, de l'autre côté de la frontière soudanaise.
Le Statut de Rome compte 125 États parties, dont 33 africains, presque le tiers. Si le mouvement se poursuit, la Cour créée en 2002 pour juger les pires crimes de la planète pourrait, en Afrique, se retrouver privée de compétence sur les terrains où elle intervient le plus. La question n'est plus de savoir si la CPI a un problème avec l'Afrique. Elle est de savoir ce que l'Afrique construit à la place, et pour qui.
Sortir de la CPI, soit. Mais avec quelle justice africaine pour juger les crimes que la Cour ne jugera plus ? Le débat mérite mieux qu'un communiqué de rupture.
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