« Le Testament » : quand l’héritage dévore la famille africaine
En salles en Côte d’Ivoire le 6 novembre, la comédie d’Adama Roamba raconte quatre enfants prêts à tout pour la fortune de leur père. Derrière les rires, une réalité que des milliers de familles africaines connaissent.
Publié le 2 novembre 2026 à 10:04

Le corps du père n’est pas encore en terre que les enfants comptent déjà. Qui aura la plantation ? Qui aura la maison ? Dans « Le Testament », les funérailles deviennent un champ de bataille, et on en rit. Jaune, souvent.
Le film du Burkinabè Adama Roamba sort en le 6 novembre, après une avant-première le 29 octobre au Pathé Cap Sud d’, rapporte Africa24. L’histoire : Tapé Dieudonné, riche planteur et notable de son village, meurt. Ses quatre enfants, Michel, Chantou, Alphonse et Abass, rentrent pour les obsèques. Larmes en public, calculs en privé. Jusqu’au testament, que le vieux Tapé avait préparé pour déjouer leurs plans.
Qui n’a jamais vu ça ? D’Abidjan à , de à , une succession peut briser une fratrie en une semaine. Willy Dumbo, à l’affiche avec Michel Gohou, Amoutati, Clentélex et Serge Abessolo, le dit sans détour : « les testaments sont là pour essayer de les partager ». Encore faut-il qu’il y en ait un. Et qu’on le respecte.
Le film puise dans une histoire vraie. Selon les éléments diffusés autour du film, l’idée est née après le décès du père du réalisateur, en novembre 2019. De retour dans son village pour les funérailles, Adama Roamba découvre que des arbres centenaires de la forêt classée de la Sangoué ont été remplacés par du cacao et du café. Au même moment, une dispute d’héritage éclate dans sa famille.
Deux pertes, une seule question : qu’est-ce qu’on laisse derrière soi ?
Le pari est aussi économique. Coproduit par la Côte d’Ivoire, le et le , « Le Testament » mise sur des visages venus de la télévision et de l’humour pour remplir les salles. Le réalisateur ne cache pas l’enjeu : « tant que le public ne se déplace pas, nous on n’a plus les moyens pour travailler », a-t-il lancé à l’avant-première.
Une star attire le spectateur une fois. Seule une bonne histoire le fait revenir. C’est là que se joue l’avenir du cinéma africain francophone. D’ici 2050, l’Afrique comptera la jeunesse la plus nombreuse au monde, et donc le plus grand public potentiel. Si ses salles ne racontent pas ses propres histoires, d’autres écrans le feront à sa place.
Reste à voir si la mise en scène tiendra les promesses de l’affiche. Réponse en salles le 6 novembre.
Et vous, dans votre famille, l’héritage a-t-il rapproché ou divisé ? Faut-il écrire son testament de son vivant pour protéger ceux qu’on laisse ?
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