Politique congolaise
RDC : le Conseil d'État dissout définitivement le PPRD, le parti de Joseph Kabila
Le parti de l'ancien président perd son existence légale au terme d'une audience publique. Kinshasa lui reproche des liens avec le mouvement armé AFC/M23, devenu Front pour la refondation de la nation.
Kinshasa — Publié le 1 novembre 2026 à 07:50

Le parti d'un ancien chef d'État vient de disparaître par décision de justice. Vendredi, à , le Conseil d'État a prononcé la dissolution définitive du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie, le PPRD, fondé autour de Joseph Kabila.
Le PPRD perd son existence juridique et son statut de parti agréé. Le dossier avait été porté par le ministère de l'Intérieur. Les motifs retenus, tels qu'ils sont rapportés : violation grave de la loi sur les partis politiques, menace pour l'ordre public, implication de certains cadres dans une « entreprise insurrectionnelle » et liens allégués entre Joseph Kabila, « autorité morale » du parti, et l'AFC/M23, mouvement armé qui a annoncé sa transformation en Front pour la refondation de la nation, le FRN. Joseph Kabila a rejoint ce front, dont il est présenté comme le président. Les juges n'ont pas rendu publics, à ce stade, le détail de leur argumentation.
La décision prolonge une série de mesures prises en octobre. Autour du 15 ou du 16 octobre, le gouvernement avait suspendu les activités du PPRD et interdit celles de plusieurs autres partis, treize au total selon un décompte. Les dates varient selon les comptes rendus.
Du côté du PPRD, aucune réaction officielle de Joseph Kabila ni de la direction du parti n'a été rapportée, et aucune voie de recours n'est mentionnée. Plusieurs cadres et proches se sont en revanche désolidarisés de leur ancien chef, en rejetant la lutte armée. Certains auraient démissionné, sans qu'aucun nom soit cité.
La n'est pas le premier pays africain à fermer la porte d'un parti au nom de la sécurité nationale. La dissolution d'un parti d'ancien président, en pleine guerre à l'Est, pose pourtant une question qui dépasse Kinshasa : jusqu'où une démocratie peut-elle réduire le pluralisme pour se défendre sans perdre ce qu'elle défend ?
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