Les soignants du centre de traitement d'Ebola de Rwampara, a Bunia, durcissent leur greve pour salaires impayes depuis mai, laissant des malades hautement contagieux sans soins.

Depuis la déclaration officielle de l'épidémie le 15 mai, ils soignaient des patients hautement contagieux sans toucher un centime. Cette semaine, ils ont posé les brancards.
Les soignants du centre de traitement d'Ebola de Rwampara, à l'hôpital général de Bunia, ont durci leur grève et abandonné les malades, rapporte Radio Okapi. La Presse précise que des médecins à l'épicentre de l'épidémie avaient d'abord menacé de cesser le travail avant de mettre leur menace à exécution, brûlant des pneus à l'entrée de l'établissement pour protester contre le non-paiement des salaires et primes promis par le ministre de la Santé lors de sa récente visite dans la région.
Le Washington Times rapporte que les grévistes incluent épidémiologistes, enquêteurs sanitaires, chauffeurs et fossoyeurs, qui affirment n'avoir reçu aucun paiement des autorités congolaises depuis le début de l'épidémie. Selon un médecin cité par la même source, « depuis le 15 mai, nous nous occupons des patients Ebola sans être payés. Nous continuons à les soigner parce que c'est notre serment, mais nous travaillons dans des conditions très difficiles ». Un ultimatum de 48 heures a été posé pour le versement des salaires et primes, sous peine d'une grève sèche totale, sans service minimum. Faute de compromis, les patients hautement contagieux admis au centre de traitement sont désormais livrés à eux-mêmes.
Pour les familles de Bunia dont un proche est hospitalisé au centre de Rwampara, cette grève transforme une épidémie déjà mortelle en une double peine : le virus, et l'absence de soignants pour y faire face.
Ce n'est pas qu'un conflit social de plus dans un hôpital congolais. C'est la preuve qu'une riposte sanitaire, aussi bien financée soit-elle sur le papier, s'effondre dès que les salaires de ceux qui l'exécutent ne suivent pas.
Une RD Congo sanitaire en 2050 devra avoir garanti le paiement inconditionnel de son personnel de santé en situation d'épidémie, sous peine de voir chaque riposte se répéter dans le même chaos.
Ce mouvement de grève sera-t-il résolu avant qu'un « dry strike » ne prive totalement les malades de soins, ou l'État congolais laissera-t-il l'épidémie s'aggraver faute d'avoir payé ses propres soignants ?
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