Le president kenyan William Ruto annonce un investissement dans le projet de raffinerie petroliere de Hoima en Ouganda, dans le cadre d'une cooperation regionale est-africaine.

Après le scandale du carburant frelaté qui a coûté leur poste à trois hauts responsables kényans de l'énergie, Nairobi choisit une autre voie : investir directement dans la production régionale plutôt que de dépendre des seules importations.
Le chef de l'État kényan William Ruto a annoncé que le Kenya investira dans le projet de raffinerie pétrolière de Hoima, en Ouganda, rapporte Afrimag.net, dans le cadre d'une coopération régionale qui associe également la Tanzanie. Le média précise que le Kenya, l'Ouganda et la Tanzanie sont membres fondateurs de la Communauté des États d'Afrique de l'Est, recréée en 1999 après sa disparition en 1977, et qu'ils cherchent aujourd'hui à mutualiser leurs capacités de raffinage plutôt qu'à rivaliser sur les mêmes infrastructures.
Cette annonce intervient quelques semaines seulement après la révélation d'un scandale portant sur plus de 4 milliards de shillings kényans, où des hauts responsables du secteur énergétique avaient été accusés d'avoir manipulé les données de stocks de carburant pour créer une pénurie artificielle et justifier des importations d'urgence à prix gonflés.
Pour les automobilistes et industriels est-africains, dépendants d'importations de carburant souvent soumises à des tensions géopolitiques lointaines, une raffinerie régionale à Hoima représenterait une sécurité d'approvisionnement bien plus robuste que les seuls accords d'importation.
Ce n'est pas qu'un projet industriel de plus entre voisins est-africains. C'est une réponse structurelle à une vulnérabilité énergétique que le scandale du carburant vient de rendre douloureusement visible.
Une Afrique de l'Est énergétique en 2050 devra avoir transformé ces projets de raffinage commun en véritable souveraineté régionale, plutôt que de continuer à dépendre des cours mondiaux et des cargaisons importées.
Cet investissement kényan dans la raffinerie de Hoima accélérera-t-il sa mise en service, ou ce projet régional connaîtra-t-il les mêmes retards que d'autres grandes infrastructures est-africaines annoncées à grand bruit ?
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