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Le FMI salue les réformes à Dakar. Discussions ouvertes sur un nouveau programme après la mission du 15-19 juin.
Publié le 25 juin 2026 à 11:03 UTC+0

Washington n'a pas signé. Mais Dakar n'est plus dans le couloir des morts.
Du 15 au 19 juin, une mission du Fonds monétaire international dirigée par Mercedes Vera Martin a séjourné à Dakar, selon RTS, Senenews et Le Soleil. À l'issue des échanges, le FMI a salué l'engagement des autorités sénégalaises pour renforcer la gouvernance budgétaire, la transparence et la gestion de la dette, tout en soulignant que les vulnérabilités restent élevées.
Pas d'accord final annoncé. Mais un ton différent : discussions « ouvertes et constructives » avec le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lo, le ministre des Finances Cheikh Diba et la BCEAO. Le gouvernement a réaffirmé son intérêt pour un nouveau programme soutenu par le FMI. Les négociations continueront sur la consolidation budgétaire, la réduction des risques liés à la dette et une croissance plus inclusive.
Le contexte est lourd. Dette publique autour de 132 % du PIB selon la presse sénégalaise. Scandale du misreporting des données sous l'ancien régime. Tensions énergétiques liées au blocage du détroit d'Ormuz. Réorganisation politique récente : Ousmane Sonko limogé de la Primature, élu président de l'Assemblée nationale, remplacé au gouvernement par Ahmadou Al Aminou Lo.
Sonko, longtemps opposé à une restructuration « sauvage », a nuancé sa position dans un entretien RFI du 15 juin. Il refuse tout accord qui sacrifierait le changement structurel du Sénégal pour des ratios comptables à court terme. Il rappelle aussi que une partie de la dette serait « odieuse », contractée sans validation parlementaire.
Pour un jeune de Pikine ou de Saint-Louis, le FMI reste un mot abstrait jusqu'à ce qu'il se traduise en subventions d'électricité, en bourses ou en chômage. Un programme bien calibré peut stabiliser la monnaie et rassurer les investisseurs. Mal calibré, il peut compresser les dépenses sociales au pire moment.
Le Sénégal veut montrer qu'il corrige les erreurs du passé tout en gardant la marge pour investir dans l'emploi des jeunes. Les discussions de juin sont une étape, pas la ligne d'arrivée.
Dakar obtiendra-t-il un programme FMI qui préserve les dépenses d'éducation et de santé, ou la rue Pastef devra-t-elle de nouveau se mobiliser contre des coupes imposées de l'extérieur ?
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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