Budget 2026
Sénégal : la commission des finances rejette la LFR 2026, bras de fer ouvert
Le projet de loi de finances rectificative a été rejeté en commission, avec un vote en plénière annoncé mardi. En toile de fond, un déficit de 7,6 % du PIB et un programme FMI de 2,2 milliards de dollars.
Dakar — Publié le 25 octobre 2026 à 05:03

Un déficit de 7,6 % du PIB, du FMI suspendus au vote, et une majorité parlementaire qui bloque le texte du gouvernement. Voilà le budgétaire de ce week-end.
La commission des finances de l'Assemblée nationale a rejeté samedi 24 octobre le projet de loi de finances rectificative 2026, selon Impact.sn, qui cite SenePlus. Le texte a été repoussé sous l'impulsion du groupe Pastef, majoritaire. Le vote en plénière est annoncé pour mardi. Pastef exige désormais « un budget transparent, sincère et soutenable ». Pour le groupe Takku Wallu, d'opposition, la LFR est « l'acte de décès » du Plan de redressement économique et social.
Le rejet n'est pas une surprise. Dès le 20 octobre, Pastef indiquait qu'aucun consensus global n'avait été trouvé avec l'exécutif, rapporte Senego. La plénière prévue vendredi avait été reportée à la demande du gouvernement. Ousmane Sonko, cité par Senego, critiquait notamment de coupes dans les dépenses d'investissement et le recours au Cadre commun du G20.
Les obligations sénégalaises en dollars avaient alors enregistré leur plus forte baisse depuis début septembre.
Les chiffres du texte, publiés par l'APA en septembre, expliquent la tension. La LFR ramène les recettes à , soit 340,1 milliards de moins que prévu. Le déficit grimpe à , soit 7,6 % du PIB, contre 5,4 % dans la loi de finances initiale.
Les subventions énergétiques passent de 250 à . Ce texte conditionne un programme FMI de 36 mois d'environ .
Le comité des banques créancières a désigné le cabinet Houlihan Lokey, selon SenePlus relayé par Impact.sn, avec un accord de principe visé d'ici décembre. Amadou Ba, cité par Senego, a averti que près de de subventions énergétiques resteraient sans couverture sans adoption de la LFR.
Pour une génération qui subit le prix de l'énergie, l'enjeu dépasse l'arithmétique. Un État peut-il se désendetter sans faire payer les plus fragiles ?
Mardi, qui cédera le premier, le gouvernement ou sa propre majorité ?
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