Sénégal : Sonko renégocie le bloc pétrolier Yakaar-Teranga et crie «victoire», mais qui gagne vraiment ?
Ousmane Sonko a qualifié le 22 avril de «victoire historique» la renégociation du bloc Yakaar-Teranga, l'un des gisements gaziers offshore les plus prometteurs d'Afrique de l'Ouest. L'angle bifocal : qui en bénéficiera réellement ?
Publié le 25 avril 2026 à 14:58

Ousmane Sonko n'utilise pas le mot « accord ». Il dit « victoire ».
Le 22 avril 2026, le Premier ministre sénégalais a qualifié de « date historique » la conclusion d'une renégociation sur le bloc Yakaar-Teranga, l'un des gisements offshore les plus importants du bassin sédimentaire sénégalais. Ce bloc avait été initialement attribué dans des conditions que les nouvelles autorités de avaient publiquement contestées dès leur arrivée au pouvoir en 2024.
Selon les déclarations de Sonko, cette renégociation constitue une « victoire majeure » au terme d'un long bras de fer. Le bloc Yakaar-Teranga est stratégique : il représente l'une des réserves gazières offshore les plus prometteuses d'Afrique de l'Ouest, avec des estimations de plusieurs dizaines de milliards de mètres cubes. Son développement conditionne en partie l'ambition du de devenir une puissance gazière régionale d'ici 2030.
Mais deux faces méritent d'être montrées. La face positive : la renégociation, si elle améliore effectivement la part des revenus pour l'État sénégalais, peut constituer un précédent africain important. Plusieurs pays du continent ont subi des contrats d'exploitation signés dans des conditions défavorables pendant des décennies. La capacité du Sénégal à renégocier sans rupture brutale serait un signal fort.
La face qui mérite vigilance : les détails précis de l'accord n'ont pas été rendus publics au moment où Sonko l'annonçait. « Victoire » peut signifier beaucoup de choses, du gain réel de parts pour l'État jusqu'à un simple réajustement de calendrier. La transparence dans le secteur extractif africain reste un enjeu fondamental. L'Afrique de 2050 ne peut pas se permettre que ses ressources naturelles disparaissent dans des accords opaques.
Le Sénégal a du pétrole et du gaz. La question est : qui en profitera vraiment ?
Source image de couverture : RTS
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