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Le 20 avril 2026, Maurice Kamto a saisi l'Union africaine pour dénoncer la loi promulguée le 14 avril par Paul Biya, créant un vice-président nommé sans élection et chargé de lui succéder. Le MRC réclame des sanctions africaines contre Yaoundé.
Publié le 25 avril 2026 à 15:03 UTC+0

Le 20 avril 2026, Maurice Kamto a choisi de ne plus se battre seulement dans l'hémicycle camerounais. Il est allé à Addis-Abeba.
Par mémorandum officiel, le leader du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun a saisi le Président de la Conférence des chefs d'État de l'Union africaine et le Président de la Commission de l'UA. L'objet : dénoncer un « changement anticonstitutionnel de gouvernement » au Cameroun et réclamer l'application des sanctions prévues par les instruments africains.
Le 14 avril 2026, Paul Biya, 93 ans, avait promulgué la loi n°2026/002, réintroduisant un poste de vice-président de la République nommé directement par lui, révocable à tout moment, et chargé de lui succéder automatiquement en cas de décès ou d'incapacité. Sans élection. Le Parlement avait validé la réforme avec 200 voix pour et 18 contre.
Kamto s'appuie sur deux textes précis : l'article 4(p) de l'Acte constitutif de l'UA qui condamne les changements anticonstitutionnels de gouvernement, et la Charte africaine de la démocratie qui impose des processus électoraux aux États membres. Pour lui, organiser une succession présidentielle par désignation plutôt que par vote revient à contourner la volonté populaire.
Le parallèle que retiennent les observateurs est brutal : le 14 avril 2008, Biya supprimait la limitation des mandats présidentiels. Le 14 avril 2026, il verrouille sa succession. Même date, même méthode, dix-huit ans plus tard.
La question qui divise le Cameroun et l'Afrique est simple : une constitution peut-elle légitimement organiser une transition non-élective ? Et si oui, à quel prix pour la démocratie africaine ?
L'Afrique doit-elle accepter les successions dynastiques constitutionnalisées ?
Source image de couverture: FRANCE 24
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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