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MSF licencie 18 employés au Tchad après 59 allégations d'abus sur des réfugiées soudanaises dans l'est.
Publié le 25 juin 2026 à 10:57 UTC+0

Elles avaient fui la guerre au Soudan. Elles cherchaient des soins et de la nourriture. Et selon une enquête interne, certaines ont trouvé autre chose dans les camps de l'est du Tchad.
Médecins Sans Frontières a reconnu des cas d'exploitation et d'abus sexuels commis par des membres de son personnel dans l'est du Tchad, frontalière du Soudan en guerre depuis avril 2023, selon RFI et un communiqué MSF. Une enquête menée depuis fin 2024 a recensé 59 allégations : harcèlement, exploitation sexuelle, échanges de nourriture, d'argent ou de promesses d'emploi contre des relations sexuelles. Certaines victimes présumées seraient des mineures.
18 employés ont été licenciés et interdits de tout futur contrat avec MSF après que des faits graves ont été établis. D'autres allégations n'ont pas pu être vérifiées faute d'identifier victimes ou auteurs, précise l'organisation. Les faits toucheraient notamment les camps de réfugiés d'Adré, Aboutengué et Metché.
Associated Press avait révélé une note interne confidentielle mi-juin, forçant MSF à communiquer. L'ONG affirme que ces actes sont « profondément contraires » à ses valeurs et annonce des mesures correctives : renforcement du recrutement, mécanismes de signalement, référents protection, équipes RH renforcées.
Pour les réfugiées soudanaises, déjà traumatisées par les violences à Darfour et ailleurs, l'abus par des humanitaires est une trahison double. Celles qui osent parler risquent la stigmatisation dans des camps surpeuplés. Celles qui se taisent continuent de vivre à côté de leurs agresseurs présumés.
Le Tchad accueille des centaines de milliers de réfugiés soudanais dans des conditions difficiles. MSF est l'un des rares acteurs médicaux présents. Scandale comme celui-ci peut réduire la confiance des populations et compliquer l'accès aux soins pour toutes.
Pour un jeune tchadien d'Adré, c'est aussi une honte nationale : l'impunité et la précarité créent des espaces où les plus vulnérables deviennent proies. Les autorités tchadiennes n'ont pas encore annoncé de poursuites pénales complémentaires au-delà des sanctions internes MSF.
Une Afrique solidaire en 2050 doit protéger les réfugiées autant que les frontières. Les ONG ne sont pas au-dessus du droit. Leur mandat humanitaire impose une vigilance zéro tolérance, pas des communiqués après révélation médiatique.
MSF transmettra-t-elle l'intégralité du dossier à la justice tchadienne pour des poursuites pénales contre les auteurs identifiés, ou les licenciements internes clôtureront-ils l'affaire pour les victimes ?
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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