Abissa 2026
Abissa 2026 à Grand-Bassam : le tambour sacré remis au roi, la parole se libère
Le 1er novembre, le tam-tam Edo-N'gbolé a été remis au roi des N'zima à Grand-Bassam, après une semaine de silence. Place à la critique sociale et à la danse jusqu'au 8 novembre.
Grand-Bassam — Publié le 3 novembre 2026 à 07:43

Dimanche 1er novembre, dans la cour royale du quartier France, à Grand-Bassam, le tambour sacré est sorti de son silence. Edo-N'gbolé, le tam-tam parleur des N'zima Kotoko, avait passé une année sous la garde de la famille N'Vavilé. Elle l'a remis au roi Amon Tanoé. Le peuple a pu danser.
Ce geste ouvre le Gouazo, la phase publique de l'Abissa, qui court jusqu'au 8 novembre. Il vient après le Siédou, du 25 au 31 octobre : sept jours sans musique ni danse que le peuple N'zima consacre à la réconciliation. Le président du comité d'organisation, Jean-Baptiste Amichia, en donne le sens : on entre dans l'année nouvelle sans traîner les conflits de l'ancienne. Le samedi 31 octobre, les familles ont partagé un repas pour sceller la paix.
La fête n'a pourtant rien d'un simple spectacle. Elle est aussi un tribunal du quotidien. À partir du mardi 3 novembre, les séances de critique sociale permettront à chacun de dénoncer publiquement des comportements, d'interpeller des responsables, de dire ce qui blesse. Danses au palais, ballets traditionnels devant les représentants des sept familles N'zima : la forme est joyeuse, le fond est politique au sens noble.
Le thème de cette édition, « L'Abissa, creuset de valeurs universelles et de développement durable », cherche à parler au-delà de la lagune. L'ambassadeur d'Allemagne, Matthias Veltin, a assisté à la cérémonie. La ville historique de Grand-Bassam, qui accueille la fête, se retrouve ainsi au centre d'une scène où une tradition ancestrale se mesure aux mots d'aujourd'hui.
Cette semaine en dit long sur une idée simple : une société tient quand elle s'accorde un moment pour se dire ses vérités en face, sans que personne n'y perde la face. Que deviendrait une démocratie si chaque village disposait d'une semaine par an pour le faire ?
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