Commerce international
AGOA : Washington retire l'Afrique du Sud et le Rwanda du régime commercial
Le représentant américain au Commerce annonce l'exclusion des deux pays à compter du 1er janvier 2027. Pretoria cherche d'autres marchés, Kigali refuse le rôle de bouc émissaire.
Pretoria — Publié le 4 novembre 2026 à 09:17

Le coup est tombé le soir du 2 novembre. Jamieson Greer, représentant américain au Commerce, annonce que Donald Trump juge l' contraire aux critères d'éligibilité de l'AGOA, le régime qui ouvre aux produits africains l'accès au marché américain sans droits de douane. Le est lui aussi visé. L'effet est attendu au 1er janvier 2027.
Washington invoque des obstacles au commerce et à l'investissement américains, la corruption et des menaces pour ses intérêts de sécurité. Pour le Rwanda, il met en avant les droits humains, l'État de droit et un lien présumé avec le conflit dans l'est de la . Le vocabulaire varie : certains parlent d'exclusion, d'autres de suspension.
Les ordres de grandeur sont nets. L'Afrique du Sud a exporté environ sous l'AGOA en 2025, contre environ en 2024. Le régime pèse 10 % de ses exportations vers les États-Unis, 28 % en 2024, et environ 1 % de ses exportations mondiales. Wandile Sihlobo, envoyé présidentiel pour l'agriculture, calcule que la perte ajoute 3,4 % de droits aux 12,5 % existants, soit 15,9 % au total. Pas une interdiction de commercer, donc, mais un renchérissement.
Le ministre sud-africain du Commerce, Parks Tau, promet un soutien aux secteurs touchés et la diversification vers la ZLECAf, l'Inde, l'Union européenne, le Royaume-Uni et la Chine. Il évoque un délai de 60 jours pour traiter les griefs américains. La Citrus Growers Association alerte sur les emplois, le Cosatu aussi.
Le ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, refuse que son pays serve de « bouc émissaire » dans le dossier congolais.
Un accès commercial accordé par un seul partenaire se retire au gré de ses humeurs. Que vaudra la zone de libre-échange continentale si l'Afrique continue de miser son industrie sur la préférence d'un marché qui peut la reprendre ?
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