Bénin : quatre trophées à Londres, et maintenant les chiffres ?
Aux Africa Tourism Awards 2026, le Bénin a remporté quatre distinctions, dont celle de destination touristique de l’année. Une consécration qui pose une autre question : combien le tourisme rapporte-t-il vraiment aux Béninois ?
Publié le 4 novembre 2026 à 05:57

Quatre trophées en une soirée. Dimanche 1er novembre à Londres, aux Africa Tourism Awards 2026, le est reparti avec les titres de « Destination touristique de l’année », « Destination culturelle de l’année » et « Vidéo touristique de l’année ». Bénin Tourisme a été sacrée « Agence nationale du tourisme de l’année », selon le communiqué du gouvernement.
« Ces distinctions constituent une reconnaissance importante du chemin parcouru », salue Sindé Chekete, directeur général de Bénin Tourisme. Le palmarès s’ajoute à une série déjà longue : Lonely Planet en 2024, le magazine Afar en 2025, le titre de « Meilleure destination internationale » au Prix de l’Afrotourisme au Brésil cette année.
Il faut dire que le pays a de quoi séduire. Les Vodun Days à Ouidah, le Festival des Masques à , la Gaani à Nikki. Ganvié sur l’eau, les palais royaux d’Abomey, les Tatas des Bètammaribè. Une Afrique qui raconte sa propre histoire, au lieu de la laisser raconter par d’autres.
Derrière les trophées, il y a aussi un pari financier. En juin 2025, le gouvernement a adopté un plan de sur cinq ans pour le tourisme, rapporte Ecofin. L’objectif : faire passer sa part dans l’économie d’environ 6 % à 13,4 % du PIB d’ici 2030, et accueillir deux millions de visiteurs par an.
Reste une question que les trophées ne règlent pas : combien de touristes viennent vraiment, et combien laissent-ils ? Fin 2024, face aux députés, le ministre du Tourisme reconnaissait que les statistiques du secteur n’avaient « pu être suffisamment appréhendées », note Bénin Web TV. Les seuls chiffres avancés dataient de 2019. Une destination primée à Londres mérite aussi un tableau de bord public à .
Car le vrai prix ne se décerne pas sur scène. Il se mesure dans la poche du piroguier de Ganvié, du guide d’Abomey, de l’artisan de Ouidah. Si les recettes restent concentrées dans quelques hôtels haut de gamme, la reconnaissance internationale ne changera pas grand-chose pour eux.
Pourquoi ça compte au-delà du Bénin ? Parce que de plus en plus d’Africains voyagent en Afrique, et que la diaspora cherche ses racines. D’ici 2050, les pays qui auront su faire de leur mémoire une économie partagée capteront ces voyageurs. Les autres resteront des escales.
Alors, selon vous, ces trophées vont-ils remplir les pirogues de Ganvié et les ateliers de Ouidah, ou seulement les vitrines de Londres ?
Plus d’articles comme celui-ci dans ton fil :
Nos articles en tête de Google, pour toi :
Ajouter Scoop Afrique à mes sources GoogleSigné
Ce qu’il fallait retenir de la semaine, choisi par la rédaction. Court, vérifié, et lisible en cinq minutes.
Une sélection par semaine. Désabonnement en un clic.
Connectez-vous pour partager votre analyse sur cet article. Les contributions sont relues par la rédaction avant publication.
Chargement des commentaires…