Monnaie électronique
Mobile money : la BCEAO impose le paiement instantané à toute l'UEMOA
Depuis le 2 novembre, tout transfert interopérable de monnaie électronique passe par PI-SPI, la plateforme de la BCEAO. Les plafonds montent, les frais baissent, et déjà des virements échouent.
Abidjan — Publié le 4 novembre 2026 à 08:17

Depuis lundi 2 novembre, un transfert d'argent entre deux portefeuilles mobiles n'a plus le droit d'emprunter n'importe quel chemin. Toute opération interopérable de monnaie électronique dans l'UEMOA doit désormais transiter par PI-SPI, la plateforme de paiement instantané de la BCEAO, lancée le 30 septembre 2025.
Concrètement, envoyer de l'argent de MTN vers Orange, Moov ou Wave, ou d'un compte bancaire vers un portefeuille, doit prendre moins de dix secondes. La banque centrale a posé le cadre dans son instruction n°020, signée le 8 octobre 2026. Les transferts interopérables sont gratuits jusqu'à par jour et par utilisateur. Au-delà, les frais sont plafonnés à 0,8 %. Recevoir reste gratuit, sans limite.
Les plafonds changent aussi. Le solde d'un compte identifié passe de 2 à , les rechargements mensuels de 10 à . La BCEAO abaisse enfin de 75 % à 65 % la part des fonds des clients que les émetteurs doivent garder en dépôts à vue, ce qui libère environ .
L'enjeu se lit dans les chiffres. Fin 2025, de monnaie électronique circulaient dans l'union, en hausse de 35,2 %. La en pèse 23,5 %, le 29,7 %.
Le passage ne se fait pourtant pas sans accroc. À , des clients rapportent que leurs virements bancaires vers Wave, Orange Money ou Flash échouent depuis lundi, et regrettent l'absence de période d'adaptation. Le professeur Souleymane Astou Diagne salue l'instantanéité du service. Il prévient aussi que la gratuité des petits transferts peut réduire les revenus des opérateurs.
L'extension aux paiements transfrontaliers de l'union est prévue au 1er juin 2027. Pour le petit client, le paiement devient plus rapide et moins cher. Mais un frais qui disparaît d'un côté réapparaît souvent ailleurs. Qui paiera, au bout du compte, la facture de l'interopérabilité : l'utilisateur, l'opérateur ou la banque ?
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