Armée et réserve
Burkina : l'armée fête ses 66 ans et vise 100 000 réservistes d'ici fin 2026
Pour le 66e anniversaire des Forces armées nationales, le ministre de la Défense Célestin Simporé annonce plus de 86 000 inscrits à la réserve militaire en moins d'un mois. L'objectif est de 100 000 d'ici fin 2026.
Ouagadougou — Publié le 3 novembre 2026 à 10:16

Un homme décoré, une jambe en moins, une phrase sèche : « Si le pays tombe, tout le monde tombe. » Dimanche 1er novembre, place de la Révolution à , un volontaire pour la défense de la Patrie qui a perdu une jambe sur l'axe Ouahigouya-Titao, dans l'explosion d'un engin artisanal, a reçu sa médaille devant les autorités. Et il a dit que le combat continuerait jusqu'à son terme.
La cérémonie marquait le 66e anniversaire des Forces armées nationales. Le président de l'Assemblée législative du peuple représentait le capitaine Ibrahim Traoré, qui a salué dans un message de la présidence la résilience de l'armée et rendu hommage aux soldats tombés au champ d'honneur. Il promet une armée « forte, moderne et garante de la souveraineté nationale ».
Mais c'est le ministre d'État chargé de la Défense, le général de division Célestin Simporé, qui a fait la nouvelle. Le thème de l'année, « Forces armées nationales et réserve militaire pour une défense souveraine de la Patrie », s'appuie sur la loi du 26 mai 2026 qui organise la participation des citoyens aptes, répartis en deux catégories de réservistes. Selon le ministre, plus de 86 000 personnes se sont inscrites en moins d'un mois. La cible fixée par les autorités est de 100 000 réservistes d'ici la fin de l'année.
Le général a martelé que la défense ne peut reposer sur les seules forces d'active. La réserve, a-t-il précisé, ne transforme pas chaque citoyen en soldat : elle offre un cadre légal et discipliné. Une cheffe de bataillon et une sergent-chef décorées ont, elles, dédié leurs distinctions aux frères d'armes sur le terrain et aux femmes en uniforme qui travaillent « dans l'ombre ».
Le chiffre impressionne. Reste à savoir ce qu'il recouvre : combien d'inscrits seront retenus, formés, équipés, et qui paiera ? Un pays en guerre peut-il bâtir une réserve en quelques mois sans ouvrir, en même temps, le débat sur ses missions et ses limites ?
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