Libreville, dernier avertissement
Libreville : les engins attendus mercredi à Okala, Lac Bleu et Diba-Diba
Le gouvernement gabonais somme les derniers occupants de libérer les emprises d'Okala et du Lac Bleu avant les démolitions du 4 novembre. Les chiffres officiels divergent et l'indemnisation reste floue.
Libreville, Gabon — Publié le 3 novembre 2026 à 10:11

Mercredi 4 novembre, des engins de chantier doivent entrer dans deux quartiers de où des familles vivent depuis des décennies. Le porte-parole du gouvernement, Emmanuel Eyeghe Nze, l'a redit lundi 2 novembre dans un communiqué : les occupants qui n'ont pas encore quitté les emprises doivent partir « impérativement », avec leurs biens, avant le début des démolitions.
Deux axes sont visés : du dispensaire d'Okala à la sortie de la centrale SEEG, et du Lac Bleu à Diba-Diba. L'exécutif reconnaît que des résistances persistent malgré les campagnes d'information. Les chiffres, eux, ne collent pas. Le communiqué du 2 novembre évoque 270 bâtiments. L'annonce du 26 octobre en comptait 67 à Okala, dont 13 avec titre foncier, et 303 entre le Lac Bleu et Diba-Diba, sans titre recensé.
La future route fera 30 mètres de large, avec deux fois deux voies, des trottoirs et des couloirs pour l'eau, l'électricité et le téléphone. À Okala, l'emprise a été ramenée à 30 mètres après réévaluation technique, a précisé le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, lors d'une réunion le 1er novembre. De nouveaux marquages ne portent plus que sur les maisons réellement touchées.
Côté accompagnement, l'État promet un appui financier au relogement, des parcelles à Malibé (commune d'Akanda), des guichets pour transférer les élèves et un encadrement des exhumations. Les ménages recensés doivent retirer une fiche de valorisation des impacts. Les montants n'ont pas été détaillés.
En juin, le collectif des habitants d'Okala demandait déjà de la concertation. Il décrivait un village ancestral, des terres familiales, des tombes. Il se disait favorable à la route, à condition qu'on lui parle.
Le gouvernement veut désengorger le Grand Libreville, et personne ne conteste l'embouteillage. Mais une route tracée sur des titres contestés et des sépultures peut-elle réussir si ceux qu'elle déloge n'y croient pas ?
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