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Yaoundé dénonce l'usage frauduleux de son pavillon sur des pétroliers fantômes russes. Tagor et Smyrtos interceptés. Aide UE en jeu.
Publié le 21 juin 2026 à 13:36 UTC+0

Un pavillon camerounais. Un navire russe. Et des millions de barils qui contournent les sanctions occidentales.
Ce vendredi 20 juin, Yaoundé réagit vivement après une nouvelle interception en mer du Nord d'un pétrolier de la « flotte fantôme » russe battant pavillon camerounais, selon RFI. Le gouvernement dénonce un usage frauduleux de son registre maritime, qui expose le pays à des sanctions et à une dégradation de son image internationale.
Les navires concernés, dont le Tagor et le Smyrtos selon KOACI, transportent du pétrole russe en contournant le plafond de prix et les embargos liés à la guerre en Ukraine. Environ quarante bâtiments camerounais seraient impliqués dans cette flotte opaque, d'après les analyses citées par RFI.
Le Cameroun n'est pas le seul pays africain visé. Comores, Gabon, Congo : plusieurs registres « ouverts » servent de paravent à des armateurs qui changent de nom, de propriétaire et de drapeau en quelques semaines. Mais pour Douala et Yaoundé, les enjeux sont doubles : revenus d'enregistrement maritime et crédibilité diplomatique.
L'Union européenne verse environ 15 millions d'euros d'aide au Cameroun. Bruxelles surveille de près la conformité du pays aux standards internationaux. Un lien direct entre pavillons douteux et coopération en danger ? Les observateurs n'excluent rien.
Pour les jeunes Camerounais, le sujet paraît lointain. Pourtant il touche aux ressources de l'État, à la place du pays dans un conflit européen et à la réputation d'une nation qui veut peser en Afrique centrale et en Afrique de l'Ouest.
KOACI rappelle que le Royaume-Uni a multiplié les interceptions ces derniers mois. Chaque capture alimente la pression sur les États dont le pavillon est utilisé comme couverture.
Yaoundé durcira-t-il son contrôle des armateurs enregistrés pour protéger sa souveraineté maritime, ou le Cameroun restera-t-il une porte d'entrée commode pour une guerre économique qui ne le concerne pas directement ?
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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