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L'ARCOP a audité 21 000 marchés et exclu près de 180 entreprises. Dr Ouattara Oumar détaille la riposte anti-fraude.
Publié le 24 juin 2026 à 12:29 UTC+0

21 000 marchés passés au crible. 180 entreprises mises au ban. Et un message clair aux tricheurs : deux ans dehors.
Mardi 23 juin au CICG d'Abidjan, le secrétaire général de l'Autorité nationale de régulation de la commande publique (ARCOP), Dr Ouattara Oumar, a présenté le bilan de l'institution, selon KOACI. Créée le 15 janvier 2025 en remplacement de l'ANRMP, l'ARCOP a rendu près de 2 000 décisions sur les litiges de passation et d'exécution.
Résultat : exclusion de près de 180 entreprises pour deux ans, sanctions proposées contre trois acteurs publics.
Le chiffre qui fait mal, c'est le volume des audits indépendants : près de 21 000 marchés contrôlés. Pas des rapports dans un tiroir. Des vérifications qui peuvent mener à la résiliation d'un contrat si l'exécution ne respecte pas les clauses.
Pour les jeunes PME qui veulent gagner des appels d'offres sans cousin ministre, c'est une fenêtre. Numéro vert 800 00 100 pour signaler une irrégularité, digitalisation des procédures, publication des montants attribués dans le Bulletin officiel : l'ARCOP veut rendre la commande publique lisible.
L'ARCOP remplace l'ancienne ANRMP depuis janvier 2025, avec un mandat plus large sur les litiges de passation et d'exécution, selon KOACI. Le chiffre de 21 000 audits montre une machine qui tourne à vive allure dans un pays où la commande publique pèse des milliers de milliards chaque année. Pour une PME d'Abobo ou de Korhogo qui veut gagner un marché de voirie ou de fourniture scolaire, la promesse est simple : mêmes règles pour tout le monde.
Dr Ouattara Oumar note aussi que les dégradations précoces d'ouvrages publics se raréfient. Un pont qui tient cinq ans au lieu de cinq mois, ça change la vie des villages. Les collectivités locales sont désormais tenues de justifier les retards d'exécution, une petite révolution dans un système où les chantiers traînent parfois des années sans sanction visible.
Mais une Afrique qui investit massivement en infrastructures ne peut pas laisser 10 % du budget disparaître dans des surfacturations. La régulation, ce n'est pas de la bureaucratie. C'est de l'argent qui reste pour les écoles. Dr Ouattara Oumar insiste aussi sur la publication systématique des montants attribués : quand tout le monde voit le prix d'un marché, la surfacturation devient plus difficile. Les entreprises exclues pour deux ans perdent l'accès aux appels d'offres publics, une sanction qui mord enfin. Abidjan espère un effet dissuasif sur les soumissionnaires fantômes. La transparence reste la promesse centrale du CICG.
L'ARCOP publiera-t-elle la liste nominative des entreprises exclues et des marchés annulés, ou la transparence s'arrêtera-t-elle aux chiffres globaux ?
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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