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Le 11 mai 2026, le président de l'ADCI et maire de Tiassalé a été empêché d'embarquer pour le Canada à vingt minutes du décollage, sur instruction verbale du procureur. Ni inculpé, ni sous contrôle judiciaire selon son parti. Son vol est parti sans lui à 21h10. Il est convoqué le 15 mai.
Publié le 13 mai 2026 à 12:58 UTC+0

À vingt minutes de son vol pour le Canada, au terme de toutes les formalités de voyage, Assalé Tiémoko Antoine a vu un officier de police s'approcher de lui dans la salle d'embarquement de l'aéroport Félix Houphouët-Boigny. « Veuillez me suivre au bureau du commissaire. »
L'avion est parti sans lui à 21h10.
Ce qui s'est passé le soir du lundi 11 mai 2026 à l'aéroport international d'Abidjan constitue, selon son mouvement politique, l'une des séquences les plus troublantes de la vie politique ivoirienne récente. Assalé Tiémoko Antoine, président du mouvement Aujourd'hui et Demain la Côte d'Ivoire (ADCI), maire de Tiassalé et figure montante de l'opposition, devait partir pour une tournée d'implantation des structures de son parti auprès de la diaspora ivoirienne en Amérique du Nord. Les étapes : Paris d'abord, puis Montréal le 12 mai, avant un retour prévu à Abidjan le 27 mai. La tournée avait été planifiée publiquement, annoncée lors du séminaire de Nantes en mars 2026 et connue de l'ensemble des structures du mouvement.
Dans les bureaux de la police aéroportuaire, le commissaire lui a signifié, selon son parti, qu'il « ne peut pas voyager » sur instruction du procureur de la République, et qu'il devra l'informer préalablement avant toute sortie du territoire. Assalé Tiémoko a tenté à plusieurs reprises de joindre le procureur. Sans succès. Il a attendu dans les locaux de la police jusqu'au départ de son vol.
Ce qui choque l'ADCI n'est pas l'existence d'une procédure judiciaire, mais son mode d'exécution.
Le mouvement rappelle que le 23 avril 2026, le procureur adjoint Abou Sherif avait explicitement informé Assalé Tiémoko que la mesure de garde à vue prise à son encontre ce jour-là était levée et qu'il « recouvrait sa pleine liberté de mouvement. » Depuis cette date, aucune inculpation, aucun contrôle judiciaire, aucune interdiction de sortie du territoire n'avait été notifiée ni à l'intéressé ni à ses avocats.
Dans un communiqué publié dans la nuit, l'ADCI a dénoncé ce qu'elle qualifie de « piège destiné à l'humilier », estimant que « dans une République, l'action publique peut et doit s'exercer avec davantage d'élégance et dans le plein respect de la dignité humaine. »
Les suites judiciaires ont rapidement suivi. Selon plusieurs sources concordantes, Assalé Tiémoko a reçu une convocation pour comparaître le vendredi 15 mai 2026 devant la doyenne des juges d'instruction du 8e cabinet du tribunal d'Abidjan. Les motifs initiaux de l'enquête, rappelle Afrique sur 7, portaient sur des accusations de « trouble à l'ordre public », « incitation à la révolte », « discrédit sur les institutions de la République » et « diffusion de fausses nouvelles. »
Ce dossier s'inscrit dans un contexte plus large de pressions judiciaires sur l'opposition ivoirienne à quelques mois des échéances municipales de 2028.
Assalé Tiémoko avait annoncé sa candidature à la mairie de Cocody, bastion traditionnel du PDCI et de la grande bourgeoisie abidjanaise. Cette ambition déclarée en avait irrité plus d'un dans les cercles du pouvoir.
La Côte d'Ivoire a su traverser des crises bien plus graves que celle-ci. Mais chaque episode de ce type laisse une trace. Et ces traces s'accumulent dans la mémoire politique d'un peuple qui a appris, à ses dépens, que les élections ne suffisent pas à garantir la démocratie.
Vous connaissez Assalé Tiémoko ou les activités de l'ADCI ? Quel est votre regard sur cette affaire ?
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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