Liberté de la presse
Égypte : Lina Attalah, patronne de Mada Masr, renvoyée en procès pour un site sans licence
La rédactrice en chef de Mada Masr doit comparaître le 27 octobre pour avoir fait fonctionner un site sans licence. C'est la sixième affaire visant ce média indépendant en six ans.
Le Caire — Publié le 24 octobre 2026 à 06:51

Six heures d'interrogatoire, une caution de , puis un renvoi en procès. Pour Lina Attalah, la semaine a pris la forme d'un engrenage.
La rédactrice en chef de Mada Masr a été entendue mercredi 21 octobre par le parquet de la sûreté de l'État, puis libérée sous caution, soit environ , selon l'AFP, relayée par UBC, et l'AP. Jeudi, le parquet l'a renvoyée devant un tribunal pour avoir géré un site sans licence.
Sa première audience est fixée au 27 octobre, selon son équipe juridique. Elle a aussi été interrogée sur un article consacré à des mouvements de protestation dans les prisons.
Mada Masr affirme que sa demande de licence est en attente depuis 2023. Son avocat, Mokhtar Mounir, dit que les questions ont surtout porté sur ce point. C'est la sixième affaire visant Lina Attalah et le média en six ans, dont une pour « fausses nouvelles ». D'après l'AP, l'amende encourue irait de un à trois millions de livres.
Le dossier s'inscrit dans un climat plus large. Selon l'Initiative égyptienne pour les droits personnels (EIPR), l' détient 26 journalistes en raison de leur travail. Début octobre, six journalistes de la plateforme de vérification Matsadaash ont été poursuivis pour terrorisme après des perquisitions en septembre.
Leurs avocats disent qu'ils ont été torturés, ce que le ministère de l'Intérieur dément. Hossam Bahgat, directeur de l'EIPR, y voit, auprès de l'AFP, le passage « de années de harcèlement des médias indépendants à leur élimination pure et simple ». Amnesty International et ARTICLE 19 ont réclamé l'arrêt de ces poursuites.
Un site sans licence, c'est une procédure administrative transformée en arme. Quand l'information indépendante devient une infraction de formulaire, qui racontera l'Égypte de 2050 à ses propres citoyens ?
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