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Le 27 avril, Freedom Day, Cyril Ramaphosa a rappelé que la liberté de l'Afrique du Sud était née de la solidarité africaine. Mais les attaques contre les migrants du continent continuent depuis le 30 mars. Un paradoxe douloureux que peu de gouvernements osent nommer clairement.
Publié le 29 avril 2026 à 06:59 UTC+0

Le 27 avril 2026, South Africa Freedom Day, Cyril Ramaphosa a prononcé son discours annuel devant une foule réunie au Dr Rantlai Molemela Stadium de Bloemfontein. Et pour la première fois depuis des semaines, un président sud-africain a nommé le problème.
Il a rappelé que la libération de l'Afrique du Sud n'aurait pas été possible sans la solidarité du continent africain. Des pays voisins ont hébergé les combattants de la lutte anti-apartheid, financé leurs activités, porté leur cause sur la scène internationale. «Il ne peut pas, et il ne doit jamais être, que nous foulions aux pieds la fraternité africaine qui a rendu notre liberté possible», a-t-il déclaré devant les autorités présentes.
C'était une condamnation morale des violences xénophobes. Ferme dans le fond, symbolique dans la forme.
Depuis le 30 mars 2026, des ressortissants nigérians sont agressés, dépossédés de leurs biens et forcés à fermer leurs commerces dans la province du Cap-Oriental puis au KwaZulu-Natal. Des groupes sud-africains armés de bâtons et de fouets patrouillent dans les rues de Johannesburg et Durban. Le prétexte initial : l'installation de Solomon Eziko comme «Eze Ndi Igbo» à East London, un festival culturel de la diaspora igbo présenté à tort comme un couronnement officiel.
L'Université de Witwatersrand recense 669 morts, 5 310 commerces pillés et plus de 127 000 déplacements forcés liés à des violences xénophobes entre 1994 et mars 2024. La vague de 2026 s'inscrit dans ce schéma documenté depuis des décennies. Le Ghana a convoqué le chargé d'affaires sud-africain à Accra. L'ambassade de la RDC a placé ses ressortissants en alerte pour le Gauteng du 27 au 29 avril.
C'est là que réside le paradoxe le plus douloureux de cette histoire : le pays qui a survécu à l'apartheid grâce à la solidarité africaine est aujourd'hui le pays où des Africains sont chassés par d'autres Africains. Ramaphosa l'a dit lui-même. La question est : qu'est-ce qui change le lendemain du discours ?
L'Université de Witwatersrand a documenté une «indifférence» systématique des autorités depuis 2008. Le discours du Freedom Day est nécessaire. La mise en cause judiciaire des auteurs de violences l'est encore plus.
Comment l'Afrique peut-elle construire l'unité quand certains de ses enfants chassent leurs frères ?
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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