Fil info
InfoNouveau site, même voix.
InfoNouveau site, même voix.
- InfoNouveau site, même voix.
Pendant des décennies, le Gabon exportait ses arbres. Aujourd'hui, il exporte des meubles. La différence, c'est des milliers d'emplois et une richesse qui reste au pays.
Publié le 20 mai 2026 à 22:01 UTC+0

Pendant des décennies, le Gabon exportait ses arbres. Aujourd'hui, il exporte des meubles. La différence, c'est des milliers d'emplois et une richesse qui reste au pays.
Le 20 mai 2026, InfosGabon publie une analyse sur ce que le gouvernement de transition gabonais appelle "la révolution forestière" : une politique industrielle qui oblige les entreprises d'exploitation forestière à transformer le bois localement avant de l'exporter. Le Gabon, dont 85% du territoire est couvert de forêts tropicales, est en train de réussir selon InfosGabon "là où de nombreux pays producteurs de matières premières échouent encore" : imposer une transformation à valeur ajoutée avant tout départ des ressources naturelles.
Cette politique de transformation locale n'est pas une invention de la transition d'Oligui Nguema : elle avait été initiée sous Ali Bongo. Ce qui change, c'est l'intensité de son application et le discours de rupture qui l'accompagne. Des scieries, des usines de contreplaqués, des ateliers de menuiserie industrielle se développent au Gabon, portés par des capitaux locaux et étrangers attirés par les incitations fiscales mises en place. Les emplois créés dans la transformation industrielle sont directement bénéfiques pour les communautés locales qui ne voyaient auparavant que le passage des camions de grumes.
Le modèle gabonais est un défi posé à toute l'Afrique. Le continent est le premier exportateur mondial de nombreuses matières premières : cacao, cobalt, coltan, bois, pétrole, uranium. Dans la quasi-totalité des cas, l'essentiel de la valeur ajoutée est captée à l'extérieur. Le Gabon qui dit "vous transformez ici ou vous n'exportez pas" est une exception qui mérite d'être analysée. Si elle fonctionne durablement, elle pourrait devenir un modèle à dupliquer en Côte d'Ivoire pour le cacao, en RDC pour le cobalt, au Niger pour l'uranium.
L'Afrique de 2050 la plus puissante sera celle qui aura cessé d'exporter des matières premières brutes pour exporter des produits à valeur ajoutée. C'est le chemin qu'ont suivi tous les pays qui ont connu un développement industriel durable. Le Gabon tente ce virage dans son secteur forestier. Si le pari tient, il deviendra une référence pour tout le continent.
Le modèle gabonais de transformation obligatoire avant exportation peut-il être appliqué au cacao ivoirien, au cobalt congolais ?
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
Connectez-vous pour partager votre analyse sur cet article. Les contributions sont relues par la rédaction avant publication.
Chargement des commentaires…