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Pendant que certains parlent de partenariats africains depuis des tribunes, Berlin les signe à Abuja.
Publié le 20 mai 2026 à 01:23 UTC+0

Pendant que certains parlent de partenariats africains depuis des tribunes, Berlin les signe à Abuja.
Le Nigeria et l'Allemagne ont officialisé le 19 mai 2026 à Abuja un accord de partenariat de 365 millions d'euros, soit environ 395 millions de dollars, ciblant trois secteurs précis : l'énergie, l'agriculture et le développement du secteur privé. Ce partenariat s'inscrit dans la stratégie allemande de diversification de ses relations économiques avec l'Afrique subsaharienne, renforcée depuis 2023 dans le contexte de la crise énergétique européenne et des tensions sur les chaînes d'approvisionnement mondiales, selon Africa News Agency.
Le choix du Nigeria n'est pas anodin. Avec 220 millions d'habitants et la première économie d'Afrique subsaharienne, le Nigeria est l'interlocuteur naturel pour tout partenaire qui veut peser sur le continent. L'Allemagne, qui cherche à sécuriser des approvisionnements en matières premières et à diversifier ses partenariats post-Russie, a choisi d'investir dans l'agriculture et l'énergie nigérianes, deux secteurs stratégiques pour la stabilité du pays et pour les ambitions de Berlin elle-même.
Ce type d'accord bilatéral mérite d'être mis en perspective avec les grandes conférences africaines récentes. Le forum Africa Forward de Nairobi, organisé par la France les 11-12 mai, a produit des annonces de 23 milliards d'euros avec une dimension surtout politique. L'accord Nigeria-Allemagne, plus modeste en volume, est au contraire sectoriel, daté et signé. C'est la différence entre promettre et livrer. Des résultats mesurables dans des délais précis valent plus que de grands discours dans de belles salles.
L'Afrique a besoin de partenaires qui viennent avec des contrats, pas seulement avec des intentions. L'agriculture et l'énergie nigérianes sont des enjeux de souveraineté pour 220 millions de personnes. Un investissement de 395 millions dans ces secteurs peut transformer des chaînes de valeur entières, si la partie nigériane dispose des leviers pour négocier en position de force et si les bénéfices restent sur le sol africain.
Comment le Nigeria peut-il s'assurer que cet accord profite d'abord aux agriculteurs et aux consommateurs nigérians, avant les intérêts exportateurs allemands ?
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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