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Le 30 avril 2026, Ennahdha a annoncé le transfert en urgence de Rached Ghannouchi, 84 ans, de sa prison vers un hôpital tunisien. Plus de 40 ans de condamnations cumulées. Ce que la situation du principal opposant tunisien dit des libertés en Afrique du Nord.
Publié le 1 mai 2026 à 10:44 UTC+0

Le 30 avril 2026, le mouvement Ennahdha a publié un communiqué qui a immédiatement circulé de Tunis à Paris : leur président, Rached Ghannouchi, 84 ans, a été transféré d'urgence de sa cellule vers un hôpital tunisien après une «dégradation grave» de son état de santé.
Ghannouchi est incarcéré depuis avril 2023. Il cumule aujourd'hui plus de 40 ans de condamnations : 22 ans pour «conspiration contre la sûreté de l'État», peine alourdie en appel en février 2026. Des accusations que son parti et des organisations internationales comme Amnesty International et Human Rights Watch qualifient de motivées politiquement.
Ennahdha n'a pas précisé les causes exactes de cette hospitalisation ni la date exacte du transfert. Le parti a simplement indiqué que Ghannouchi était «sous surveillance médicale pour plusieurs jours» et a réitéré sa demande de libération immédiate, invoquant un avis du Comité des droits de l'ONU (référence n°63/2025) qui considère ses poursuites comme relevant de la liberté d'opinion.
Rached Ghannouchi est revenu d'exil en héros en 2011, quelques jours après la chute de Ben Ali. Son parti Ennahdha avait remporté les premières élections démocratiques du pays. Quinze ans plus tard, il se retrouve en prison, condamné à plus de quatre décennies de détention, hospitalisé en urgence à 84 ans.
Kaïs Saïed, élu en 2019, a suspendu le Parlement en juillet 2021, gouverné par décrets, fait adopter une nouvelle constitution élargissant les pouvoirs présidentiels.
L'opposition le qualifie de coup d'État constitutionnel. Saïed dit restaurer la démocratie contre «les corrompus».
L'affaire Ghannouchi illustre une tension que plusieurs pays africains connaissent : la ligne entre gouverner et réprimer, entre protéger la sécurité nationale et criminaliser l'opposition. Quand un homme de 84 ans, condamné à 40 ans de prison, se retrouve hospitalisé en urgence derrière des barreaux, la question des droits humains dépasse les clivages politiques.
La Tunisie est l'exemple qui servait de modèle à toute une génération d'activistes arabes après 2011. Ce qu'elle est devenue en 2026 mérite qu'on le regarde en face.
Source Image de couverture : Les Echos / AFP
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Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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