Fil info
InfoNouveau site, même voix.
InfoNouveau site, même voix.
- InfoNouveau site, même voix.
Depuis les attaques coordonnées du 25 avril 2026, le JNIM a engagé un blocus économique progressif sur Bamako. Des camions de denrées alimentaires en provenance du Sénégal, de la Mauritanie, de la Guinée et de la Côte d'Ivoire ont été incendiés sur les routes d'accès à la capitale malienne.
Publié le 13 mai 2026 à 13:11 UTC+0

Assiéger une capitale ne signifie pas toujours l'encercler avec des soldats. Cela peut commencer par brûler les camions qui apportent le riz.
Depuis les attaques coordonnées du 25 avril 2026, qui ont inauguré la plus grande offensive jihadiste au Mali depuis la rébellion de 2012, le JNIM a étendu son action bien au-delà des combats militaires. Selon le centre de réflexion américain Soufan Center, dont le rapport du 12 mai constitue une analyse dense et circonstanciée de la situation, et selon la page Wikipedia dédiée aux offensives maliennes de 2026, mise à jour en continu, le groupe a engagé une stratégie de blocus économique visant à isoler Bamako de ses sources d'approvisionnement.
Des camions transportant des denrées alimentaires depuis le Sénégal, la Mauritanie, la Guinée et la Côte d'Ivoire ont été incendiés sur les routes d'accès à la capitale. Les axes routiers vers Kayes et Kita, qui constituent les artères logistiques les plus importantes reliant Bamako à ses fournisseurs d'énergie et de nourriture, sont régulièrement coupés ou rendus extrêmement dangereux.
Le 28 avril, le JNIM avait officiellement proclamé que Bamako était « sous siège total », présentant cette mesure comme une représaille pour la collaboration entre les habitants de la capitale et les forces militaires maliennes.
La dimension militaire du conflit est tout aussi préoccupante. L'Africa Corps russe, selon le Soufan Center, a opéré un recentrage stratégique majeur depuis les attaques du 25 avril. Les forces russes concentrent désormais leurs capacités sur la protection immédiate de Bamako et sur la survie du régime de la junte, abandonnant de facto le nord et le centre du Mali aux mouvements jihadistes et séparatistes.
Cette réallocation des priorités est une déroute symbolique autant que militaire, pour un partenariat russo-malien qui se présentait comme la clé de la reconquête territoriale.
Face à ces défis, la junte multiplie les contacts avec de nouveaux partenaires sécuritaires. La Turquie, qui fournit déjà des drones à Bamako depuis plusieurs années, a réaffirmé son soutien après les attaques. La Chine et l'Iran ont été approchés pour des formes de coopération sécuritaire et technologique. Ce ne sont pas là des remplaçants équivalents à la capacité opérationnelle perdue avec le retrait partiel de la Russie du nord du pays.
Pour les habitants de Bamako, cette situation se traduit de manière très concrète. Les prix des denrées alimentaires augmentent. L'insécurité aux abords de la ville inquiète les transporteurs. Les fournisseurs étrangers hésitent avant d'envoyer leurs camions sur des routes où les risques d'attaque ont augmenté.
En 2050, si le Mali a réussi à se reconstruire, on dira peut-être que mai 2026 fut l'un de ses moments les plus sombres. Pour l'instant, c'est un quotidien de résistance et de survie pour une capitale qui refusait de se laisser mettre à genoux.
Avez-vous de la famille ou des proches à Bamako ? Comment vivez-vous cette situation de si loin ?
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
Connectez-vous pour partager votre analyse sur cet article. Les contributions sont relues par la rédaction avant publication.
Chargement des commentaires…