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Qui est vraiment Kabila ? 18 ans de règne, alternance en 2019, sanctions OFAC en 2026. Ce que son cas dit des alternances africaines et du problème des anciens présidents qui ne partent pas vraiment.
Publié le 2 mai 2026 à 10:53 UTC+0

En 2019, Kabila s'est vu refuser un troisième mandat et a quitté la présidence. Beaucoup pensaient que le «système Kabila» s'effacerait progressivement. Cinq ans plus tard, il est au cœur de la plus grave accusation de trahison de l'histoire de la RDC. Et les États-Unis viennent de geler ses avoirs.
Mais qui est vraiment Joseph Kabila, et qu'est-ce que sa chute dit de la politique africaine ?
Joseph Kabila est arrivé au pouvoir en 2001, à 29 ans, après l'assassinat de son père Laurent-Désiré Kabila. Il a régné sur la plus grande démocratie d'Afrique subsaharienne pendant 18 ans. Sous sa présidence, la RDC a connu des élections disputées, des massacres dans l'est du pays, une croissance économique tirée par le cobalt et le coltan, et une corruption systémique documentée par de multiples rapports internationaux.
En 2019, contraint par la constitution et par une pression internationale intense, il a transmis le pouvoir à Félix Tshisekedi, une première alternance pacifique dans l'histoire du pays. Mais il n'a jamais réellement quitté la scène politique. Son parti, le PPRD, contrôlait encore une large fraction du Parlement. Ses réseaux d'influence restaient puissants dans les FARDC.
Des sanctions OFAC (Office of Foreign Assets Control) ne sont pas des accusations en l'air. Pour inscrire quelqu'un sur la liste noire de l'OFAC, le gouvernement américain doit disposer de preuves solides documentant un comportement spécifique. Ce n'est pas une déclaration politique, c'est un acte juridique avec des conséquences financières réelles.
Les accusations sont précises : soutien financier à l'AFC/M23, incitation à la désertion des FARDC, tentative d'attaques armées depuis l'étranger, manœuvres pour installer un candidat hostile à Tshisekedi. Ces actes, s'ils sont avérés, signifient qu'un ancien chef d'État a activement œuvré à déstabiliser son propre pays après l'avoir quitté.
L'affaire Kabila pose une question que beaucoup de pays africains devront affronter dans les années à venir : qu'est-ce qu'on fait des anciens présidents qui ne veulent pas vraiment partir ? Qui gardent leurs réseaux, leurs fortunes, leur influence et parfois, selon les accusations, leurs ambitions de retour ?
L'Afrique compte de plus en plus d'alternances démocratiques. Mais une alternance sans règlement du passé est fragile. Sans mécanismes juridiques robustes pour encadrer le départ des anciens dirigeants, l'ombre du prédécesseur plane toujours sur le successeur.
Kabila est-il victime d'une machination ou acteur de la déstabilisation de son pays ? La réponse appartient à la justice. Mais la question, elle, appartient à toute l'Afrique.
Tu penses que Kabila peut encore influencer la politique en RDC depuis l'étranger ?
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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