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Kedjevara, Khaby Lame, Hakimi, ces affaires révèlent que beaucoup de femmes africaines ne connaissent pas leur régime matrimonial. Guide pratique : communauté de biens vs séparation, ce que ça change, comment se protéger.
Publié le 2 mai 2026 à 11:09 UTC+0

La séparation de biens. Trois mots qui ont suffi à mettre une bonne partie de la toile ivoirienne en ébullition quand Kedjevara a annoncé avoir choisi ce régime matrimonial. Puis l'affaire Khaby Lame, dont les actifs seraient enregistrés au nom de son père dans le contexte d'un divorce. Et avant ça, Achraf Hakimi qui n'avait rien à son nom selon certaines sources lors de son divorce avec Hiba Abouk.
Derrière ces scandales, il y a une question fondamentale que beaucoup de femmes africaines ne se posent pas avant de dire oui : quel est mon régime matrimonial ? Et qu'est-ce que ça change concrètement pour moi ?
En Afrique francophone, quand un couple se marie sans contrat, il est automatiquement soumis au régime légal en vigueur dans son pays. En Côte d'Ivoire, c'est la communauté réduite aux acquêts. Cela signifie que les biens acquis pendant le mariage (revenus, propriétés, véhicules, économies) sont communs aux deux époux. En cas de divorce ou de décès, chaque époux en récupère la moitié.
La séparation de biens, elle, signifie l'inverse. Chaque époux garde la propriété exclusive de ce qu'il acquiert pendant le mariage. Ce que tu gagnes t'appartient. Ce que ton mari achète lui appartient. En cas de divorce, tu ne peux réclamer que ce qui est à ton nom.
Dans la majorité des ménages africains, l'homme est le principal pourvoyeur de revenus formels. La femme s'occupe souvent du foyer, élève les enfants, gère le quotidien, une contribution économique réelle mais non monétisée. Dans un régime de communauté, cette contribution est reconnue : la femme a droit à la moitié des biens acquis pendant le mariage.
En séparation de biens, si la femme n'a rien à son nom propre, pas de compte bancaire personnel, pas de propriété enregistrée à son nom, pas de revenus formels, elle peut se retrouver à zéro en cas de divorce ou de décès de son mari.
C'est exactement ce risque qu'illustre l'affaire Khaby Lame, où selon les révélations, les actifs auraient été enregistrés au nom du père de l'influenceur, rendant la tâche de l'ex-épouse très complexe pour revendiquer sa part.
Première étape : savoir sous quel régime tu vas te marier. Pose la question ouvertement à ton futur époux. Si la réponse te met mal à l'aise, c'est un signal.
Deuxième étape : avoir des biens à ton propre nom. Compte bancaire personnel, épargne, terrain ou logement enregistré à ton nom, peu importe le régime choisi, ton autonomie financière est ta protection.
Troisième étape : consulter un notaire avant le mariage. Un contrat de mariage peut protéger les deux époux, pas seulement l'un d'eux. Un bon notaire explique les options et leurs conséquences concrètes.
Quatrième étape : connaître tes droits en cas de divorce dans ton pays. En CI, le Code civil prévoit des dispositions sur le partage des biens. Les connaître, c'est être préparée.
L'amour ne se calcule pas. Mais le mariage, lui, a des conséquences juridiques et financières réelles. Et ces conséquences touchent les femmes plus durement que les hommes dans la quasi-totalité des cas documentés.
Se protéger, ce n'est pas manquer de confiance. C'est être intelligente.
Tu avais déjà pensé à ton régime matrimonial avant de lire cet article ?
Source image de courverture et Crédits : Shesunze Shamaye / Pexels
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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