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L'UDPS marche aujourd'hui à Kinshasa pour remercier Washington d'avoir sanctionné Kabila. Analyse des accusations OFAC, réaction de Kabila, et ce que cette image dit de la crise congolaise.
Publié le 2 mai 2026 à 11:22 UTC+0

Ce samedi 2 mai 2026, à 9h30, des milliers de militants de l'UDPS descendent dans les rues de Kinshasa. Direction : l'ambassade des États-Unis dans la commune de la Gombe. Dans leurs mains, un mémorandum. Son contenu : des remerciements à Washington pour avoir sanctionné Joseph Kabila.
C'est une scène rare. Un peuple qui marche pour soutenir des sanctions américaines. Et cette image dit beaucoup sur la profondeur de la crise que traverse la République Démocratique du Congo.
Le 30 avril 2026, le département américain du Trésor a inscrit l'ancien président congolais (2001-2019) sur la liste noire de l'OFAC, l'Office of Foreign Assets Control. Les accusations sont précises. Selon le communiqué de Thomas Pigott, porte-parole du Département d'État, Kabila a apporté un soutien financier à l'Alliance Fleuve Congo et à sa branche armée le M23. Il aurait également encouragé des soldats des FARDC à déserter pour rejoindre les rebelles, tenté d'organiser des attaques depuis l'étranger contre l'armée congolaise, et œuvré à l'installation d'un candidat hostile à Tshisekedi au pouvoir.
Concrètement : tous ses avoirs éventuellement détenus sous juridiction américaine sont gelés. Toute personne ou entreprise américaine est interdite de commercer avec lui, sous peine de sanctions civiles ou pénales.
Ce n'est pas la première fois que Washington frappe. Le 2 mars 2026, les Forces de Défense Rwandaises et quatre de leurs officiers avaient déjà été sanctionnés pour soutien opérationnel au M23. Les sanctions du 30 avril contre Kabila s'inscrivent dans une escalade cohérente.
L'ancien président n'a pas tardé. Via ses proches, il a dénoncé des accusations basées sur «le narratif du gouvernement de Kinshasa», qualifiant les sanctions de «machination». Une contre-attaque politique attendue, mais qui ne change pas les faits : Kabila avait déjà été condamné à mort par contumace par la Haute Cour militaire congolaise le 30 septembre 2025, pour trahison et participation à un mouvement insurrectionnel.
Un peuple qui marche pour remercier Washington de sanctionner son ancien président : c'est le signe d'une rupture profonde de confiance dans les institutions nationales. Quand la justice congolaise seule ne suffit pas à restaurer la confiance, c'est que la crise dépasse le simple cadre politique.
L'Est de la RDC saigne depuis plus de trente ans. Des millions de déplacés, des centaines de milliers de morts, des ressources pillées. Derrière chaque sanction américaine, derrière chaque marche à Kinshasa, il y a des familles qui attendent la paix depuis trois décennies.
La question n'est pas de savoir si Kabila est coupable. La question est : quand la RDC trouvera-t-elle enfin la paix ?
Source image de couverture et crédits : Congo quotidien
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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