Le FMI maintient sa prevision de croissance du Nigeria a 4,1% pour 2026, tandis qu'ExxonMobil investit 1 milliard de dollars pour relancer le champ petrolier d'Usan.

Une prévision de croissance révisée à la baisse à cause d'une crise à des milliers de kilomètres du Nigeria. Et, dans le même temps, un investissement pétrolier d'un milliard de dollars qui vient contredire le pessimisme ambiant.
Le Fonds monétaire international maintient sa prévision de croissance du PIB du Nigeria à 4,1 % pour 2026, rapporte la Direction générale du Trésor français, un chiffre révisé à la baisse par rapport aux 4,4 % annoncés en janvier, en raison des conséquences économiques du conflit au Moyen-Orient sur les marchés pétroliers mondiaux.
Dans le même bulletin, la Direction générale du Trésor précise qu'ExxonMobil et ses partenaires se sont engagés à investir un milliard de dollars pour relancer le forage sur le gisement d'Usan, un projet de développement en eaux profondes qui devrait permettre d'augmenter la production pétrolière du Nigeria de 40 000 barils supplémentaires par jour d'ici dix-huit mois. Okayafrica, dans sa revue de l'actualité continentale, rappelle par ailleurs qu'une faim sévère continue de s'aggraver dans le nord du Nigeria, où plus de 17 millions de personnes sont confrontées à une crise alimentaire croissante dans les zones touchées par le conflit.
Pour les travailleurs du secteur pétrolier nigérian, cet investissement d'ExxonMobil sur un champ en eaux profondes représente une bouffée d'oxygène après des années de désengagement de plusieurs majors occidentales du delta du Niger.
Ce n'est pas qu'une statistique macroéconomique de plus. C'est la coexistence, dans un même pays, d'un secteur pétrolier qui continue d'attirer les capitaux internationaux et d'une partie du territoire rongée par la faim et l'insécurité.
Un Nigeria économique en 2050 devra avoir transformé ces revenus pétroliers en filets de sécurité alimentaire réels pour ses régions les plus vulnérables, plutôt que de laisser coexister prospérité offshore et famine continentale.
Cet investissement d'ExxonMobil profitera-t-il aux communautés locales du delta du Niger, ou les 40 000 barils supplémentaires quotidiens resteront-ils une statistique nationale déconnectée du quotidien des Nigérians les plus pauvres ?
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