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Le 7 mai 2026, le ministre malien des Affaires étrangères a exclu catégoriquement tout dialogue avec le JNIM et le FLA devant le corps diplomatique à Bamako. Dans le même temps, le Soufan Center confirme que ces groupes brûlent des camions de vivres et bloquent les routes d'approvisionnement de la capitale.
Publié le 13 mai 2026 à 14:07 UTC+0

Zéro dialogue. C'est la doctrine. Mais pendant que la doctrine s'énonçait dans les salons dorés du Palais de Koulouba, des camions de vivres brûlaient sur les routes menant à Bamako.
Sa position était sans nuance : le gouvernement de transition exclut catégoriquement toute négociation avec le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans, affilié à Al-Qaïda et inscrit sur la liste des sanctions du Conseil de sécurité de l'ONU depuis le 4 octobre 2018, ainsi qu'avec le Front de libération de l'Azawad. « Le gouvernement n'envisage pas de dialogue avec des groupes armés terroristes sans foi ni loi », a déclaré Diop devant les diplomates.
Sur le FLA, Diop a appliqué une logique d'amalgame : en s'alliant au JNIM, le mouvement touareg séparatiste a, selon Bamako, fait le choix de se placer aux côtés d'une organisation terroriste sanctionnée par les Nations Unies. Il est donc traité comme tel et exclu de tout cadre de discussion.
Le chef de la diplomatie malienne a également évoqué des « sponsors étatiques et des acteurs hybrides » ayant soutenu les attaques du 25 avril, une accusation à peine voilée visant des États voisins. Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a explicitement nié toute implication de son pays.
Cette déclaration de fermeté a été largement commentée et amplifiée dans les jours suivants. Mais c'est le contexte opérationnel qui lui donne sa véritable dimension. Selon le centre de réflexion américain Soufan Center, dont le rapport du 12 mai analyse la situation au Mali avec une précision dérangeante, la réalité sur le terrain est sombre.
Le JNIM ne se contente pas de combattre l'armée malienne et ses alliés russes d'Africa Corps. Il mène un blocus économique progressif sur Bamako. Des camions transportant des denrées alimentaires depuis le Sénégal, la Mauritanie, la Guinée et la Côte d'Ivoire ont été incendiés sur les routes d'accès. Les axes vers Kayes et Kita sont régulièrement coupés. Les routes qui relient Bamako à ses fournisseurs d'énergie et de nourriture sont devenues des zones de danger.
L'Africa Corps russe, selon la même source, a opéré un recentrage stratégique : ses forces se concentrent désormais sur la protection de Bamako et de la survie immédiate de la junte, abandonnant de facto le nord et le centre du territoire malien aux groupes jihadistes et rebelles. La Turquie, la Chine et l'Iran sont signalés comme nouveaux partenaires sécuritaires que la junte cherche à mobiliser pour combler le vide.
La ligne dure d'Abdoulaye Diop face aux caméras est donc, dans une certaine mesure, du théâtre. On ne négocie pas avec ceux qu'on ne peut pas combattre, c'est une position intenable à terme. Et on ne peut pas protéger une capitale dont les routes d'approvisionnement sont en train d'être coupées systématiquement.
La vraie question posée au Mali en ce mois de mai 2026 n'est pas diplomatique. Elle est géographique. Jusqu'où les jihadistes peuvent-ils avancer avant que la résistance militaire cède ?
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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