Fil info
InfoNouveau site, même voix.
InfoNouveau site, même voix.
- InfoNouveau site, même voix.
Neuf jours après l'assassinat de son ministre de la Défense lors des attaques coordonnées du 25 avril, Assimi Goïta cumule désormais les fonctions de chef de l'État et de ministre de la Défense. Ce geste fort interroge la solidité de la junte malienne.
Publié le 5 mai 2026 à 10:19 UTC+0

Quand un chef de junte prend lui-même les armes de son ministre assassiné, c'est que la situation est grave.
Le 4 mai 2026, un décret lu sur la télévision nationale malienne a officialisé ce que beaucoup redoutaient depuis le 25 avril : le général Assimi Goïta cumule désormais la présidence de la transition et le portefeuille du ministère de la Défense. Il remplace le général Sadio Camara, pilier de la junte et artisan du partenariat militaire avec la Russie, tué dans une attaque à son domicile à Kati lors des offensives coordonnées du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (JNIM) et du Front de libération de l'Azawad (FLA).
Cette décision n'est pas anodine. Goïta retrouve une fonction qu'il occupait déjà entre septembre 2020 et mai 2021, quand il supervisait les questions sécuritaires en tant que vice-président de la transition. C'est depuis ce poste qu'il avait orchestré l'éviction du président Bah N'Daw pour s'imposer à la tête du pays. Aujourd'hui, en cumulant ces responsabilités, il centralise le pouvoir au moment précis où la junte est la plus fragilisée de son histoire.
Le bilan des attaques du 25 avril est lourd. Le JNIM et le FLA ont frappé simultanément Bamako, Kati, Mopti, Gao et Kidal. Les forces russes d'Africa Corps ont confirmé leur retrait de Kidal après de violents combats, une déroute symbolique pour un régime qui avait fait de son alliance avec Moscou l'argument central de sa légitimité.
La ville de Kidal, reconquise en grande pompe en novembre 2023, est à nouveau hors de contrôle du gouvernement malien. Selon Jeune Afrique, des dissensions commencent à apparaître au sein même de la junte.
Trois jours après les attaques, Goïta avait assuré dans une allocution télévisée que la situation était maîtrisée et qu'un violent coup d'arrêt avait été donné aux assaillants. Mais les faits racontent une autre histoire. Le JNIM a appelé à un large front commun pour mettre fin à la junte, et les groupes armés menacent d'imposer un blocus sur les entrées de Bamako.
Pour l'Afrique de l'Ouest, cette crise révèle une vérité brutale : l'Alliance des États du Sahel (AES), qui unit le Mali, le Burkina Faso et le Niger dans un projet de souveraineté commune, traverse son premier grand test militaire et politique. Si le Mali vacille, c'est tout l'édifice du souverainisme sahélien qui tremble.
La question qui hante maintenant Abidjan, Dakar, Accra et toutes les capitales de la région est simple : si Goïta tombe, que naît-il à la place ?
Source image de couverture : Jeune Afrique (c) DR Présidence Mali
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
Connectez-vous pour partager votre analyse sur cet article. Les contributions sont relues par la rédaction avant publication.
Chargement des commentaires…