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Le 2 mai 2026, le président sénégalais a reconnu avoir épuisé tous les recours diplomatiques et avoir écrit personnellement au roi Mohammed VI pour demander une grâce royale. 15 supporters sénégalais sont toujours derrière les barreaux au Maroc.
Publié le 5 mai 2026 à 10:29 UTC+0

Un président africain peut-il aller plus loin que supplier ?
Le 2 mai 2026, Bassirou Diomaye Faye s'est exprimé devant la presse sénégalaise avec une franchise rare pour un chef d'État. En substance : le Sénégal a tout tenté. Démarches diplomatiques via l'ambassade, avocat engagé à Rabat, Ousmane Sonko s'est lui-même rendu au Maroc pour porter le dossier, médiations religieuses activées. Et maintenant, une lettre personnelle adressée au roi Mohammed VI, sollicitant une grâce royale pour les 15 supporters sénégalais encore incarcérés.
Ces supporters avaient été arrêtés à la suite des incidents qui ont émaillé la finale de la CAN 2025 à Rabat. Dix-huit ressortissants sénégalais avaient été mis aux arrêts, accusés de hooliganisme incluant des violences contre les forces de l'ordre, des dégradations d'équipements sportifs et des jets de projectiles. La Cour d'appel de Rabat a confirmé en avril 2026 des peines allant de trois mois à un an de prison ferme. Trois d'entre eux ont depuis purgé leur peine. Quinze attendent toujours.
La position sénégalaise est inconfortable. Diomaye Faye reconnaît que la justice marocaine a ses règles propres et qu'on ne peut pas prendre l'avion pour aller libérer des condamnés dans un pays souverain. Mais il juge les peines sévères et injustes, une déclaration qui, selon Médias24, n'a pas contribué à l'apaisement. Le Maroc reste silencieux sur la demande de grâce.
Ce dossier révèle une réalité souvent occultée des relations africaines : la solidarité continentale a ses limites très précises quand elle se heurte à la souveraineté judiciaire nationale. Dakar et Rabat sont des partenaires stratégiques, liés par des relations économiques, religieuses et historiques profondes. Mais cette proximité n'a pas suffi à débloquer le dossier en quatre mois de démarches.
Et pour l'Afrique ? Ce dossier pose une question fondamentale : à quoi sert l'Union Africaine si deux de ses membres ne trouvent pas de mécanisme de médiation pour libérer quinze citoyens emprisonnés après un match de football ?
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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