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Du 28 avril au 1er mai 2026, Denis Sassou Nguesso était reçu au Kremlin par Vladimir Poutine. Premier voyage à l'étranger depuis sa réélection. Au menu : énergie, oléoduc de 1 000 km, accord triennal. Le signal envoyé à Paris et Washington est clair.
Publié le 5 mai 2026 à 10:32 UTC+0

Quand un président africain choisit Moscou comme première destination après sa réélection, le message n'a pas besoin de traduction.
Du 28 avril au 1er mai 2026, Denis Sassou Nguesso, président de la République du Congo, était reçu dans la salle Saint-Georges du Grand Palais du Kremlin. Un tête-à-tête avec Vladimir Poutine, un déjeuner officiel, et des annonces qui dessinent une relation bilatérale en pleine accélération. Ce premier déplacement à l'étranger depuis sa récente investiture coïncide avec le 60e anniversaire des relations diplomatiques entre Brazzaville et Moscou.
Les discussions ont porté sur plusieurs secteurs clés : exploration géologique, énergie, logistique, agriculture. Un projet structurant a été évoqué : la construction d'un oléoduc de plus de 1 000 kilomètres reliant la façade atlantique à la partie septentrionale du Congo. Un accord conjoint triennal est prévu d'être signé en septembre 2026 à Brazzaville. Selon Africa Presse, des entreprises russes seraient déjà prêtes à investir sur le marché congolais, Poutine ayant salué la stabilité politique congolaise comme un facteur favorable aux affaires.
La lecture géopolitique est claire. Après le Mali, le Burkina Faso et le Niger qui ont officiellement tourné le dos à la France et à l'Occident, voilà que le Congo Brazzaville, pays pétrolier d'Afrique centrale, affiche son pivot vers l'Est. Il ne s'agit pas d'une rupture totale, nuancent certains analystes, mais d'une diversification assumée. Pour Moscou, le Congo est un partenaire modeste mais utile : un point d'appui en Afrique centrale, une voix favorable dans les instances continentales, et un accès potentiel aux ressources naturelles sous-exploitées du bassin du Congo.
En choisissant Moscou pour sa première sortie officielle, Sassou Nguesso envoie un signal fort à ses pairs africains et aux capitales occidentales : le Congo assume son orientation vers l'Est.
La vraie interrogation est celle-ci : si l'Afrique centrale bascule progressivement dans l'orbite russe, que reste-t-il des décennies d'influence française en Afrique subsaharienne ? Et surtout, quelles alternatives concrètes Paris et Washington proposent-ils aux dirigeants africains ?
Source image de couverture : Ambassade du Congo
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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