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Après le repli d'Africa Corps sur Bamako, la junte malienne accélère ses contacts avec la Turquie, la Chine et l'Iran pour trouver de nouveaux soutiens militaires et technologiques. La Turquie fournit déjà des drones. L'Iran propose une commission de défense conjointe. Le territoire, lui, continue de glisser.
Publié le 14 mai 2026 à 09:20 UTC+0

Changer de fournisseur d'armes ne change pas la carte. Et la carte du Mali, en mai 2026, est sombre.
Depuis les attaques coordonnées du 25 avril 2026, qui ont tué le ministre de la Défense Sadio Camara et permis la reprise de Kidal, Tessalit et Aguel'hoc par les rebelles du FLA et les jihadistes du JNIM, la junte malienne est en plein réajustement stratégique. Le partenariat avec la Russie, qui avait été présenté comme la réponse souverainiste aux partenariats occidentaux, a montré ses limites. Africa Corps ne s'est pas battu pour tenir le nord du pays. Ses forces se sont repliées sur Bamako, priorité à la survie du régime.
La junte ne peut pas se contenter de cette réalité. Elle cherche donc des alternatives. Le Soufan Center, dans son analyse du 12 mai, documente trois pistes.
La Turquie est la première. Elle fournit des drones à la junte malienne depuis plusieurs années, notamment des Bayraktar TB2 dont la réputation a été construite dans plusieurs conflits. Après le 25 avril, Ankara a réaffirmé son soutien militaire à Bamako. C'est un signal apprécié par la junte, qui voit dans les drones un moyen de compenser partiellement le désavantage au sol.
La Chine est la deuxième piste. En février 2026, le Premier ministre malien a reçu le nouvel ambassadeur chinois avec des discussions portant sur la sécurité, la technologie et la coopération économique. La Chine maintient ses projets industriels au Mali, notamment dans les secteurs des mines et des infrastructures, et Bamako espère l'impliquer davantage sur le plan sécuritaire.
L'Iran est la troisième. Dans la même période, l'ambassadeur iranien a été reçu avec des discussions portant explicitement sur la sécurité, le renseignement et des projets technologiques conjoints. Téhéran a proposé la création d'une commission de défense conjointe.
Ces ouvertures ne sont pas sans logique. La junte essaie de diversifier ses soutiens, de ne pas dépendre d'un seul partenaire et de reconstituer une capacité militaire crédible. Mais elles posent une question de fond : est-ce que changer d'alliés extérieurs suffit pour gagner une guerre dont les racines sont politiques, économiques et sociales ?
Le JNIM ne recrute pas parce qu'il manque de drones. Il recrute parce que des régions entières du Mali sont abandonnées par l'État depuis des décennies. Ce problème ne se résout pas avec un accord de défense avec Téhéran.
Goïta change de boucliers. Mais son territoire, lui, continue de glisser.
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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