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Le parquet militaire de Bamako a ouvert une enquête sur la complicité interne lors des attaques du 25 avril. Des militaires en activité et à la retraite ont été interpellés, dont un adjudant-chef en fuite vers la Côte d'Ivoire.
Publié le 4 mai 2026 à 10:44 UTC+0

Une semaine après les attaques coordonnées qui ont frappé le cœur du Mali, Bamako est plongé dans une inquiétude profonde. Le parquet militaire, sous la direction du procureur près le tribunal militaire, a annoncé l'ouverture d’une enquête judiciaire d’envergure visant à identifier les auteurs et, surtout, les complicités internes qui ont permis à ces assauts de cibler des sites aussi stratégiques que Kati ou la résidence du ministre de la Défense, Sadio Camara; tué lors des affrontements.
Le communiqué du parquet militaire ne laisse aucun doute sur la gravité de la situation : des militaires en activité, d'autres radiés ou en instance de radiation, ainsi que plusieurs figures politiques seraient impliqués dans la planification et la coordination des opérations. La traque a déjà commencé, marquée par l’arrestation de plusieurs suspects, dont des figures notoires tentant de quitter le pays. C’est notamment le cas de l’adjudant-chef Moussa Diané, appréhendé à Bougouni alors qu’il tentait de fuir vers la Côte d’Ivoire.
Cette purge au sein de la Grande Muette pose une question existentielle pour le Mali : comment un État peut-il espérer vaincre une insurrection quand il ne peut plus faire confiance à ses propres cadres ? Voir des militaires, qui ont prêté serment de défendre la nation, soupçonnés d’avoir ourdi de telles attaques, est un choc qui ébranle la légitimité même des institutions.
L'enquête en cours est un test de vérité pour les autorités de transition. Si la nécessité d'une purge pour restaurer l'ordre et la confiance est indiscutable, le risque de désorganisation institutionnelle est réel. Comment mener une enquête impliquant des segments aussi sensibles de l'armée sans créer une paralysie ou de nouvelles fracturations internes ?
À l'horizon 2050, le Mali nous rappelle une règle simple : une armée minée par les divisions et les trahisons est un État qui se fragilise de l'intérieur. Pour Bamako, le défi n'est plus seulement sécuritaire, il est devenu une lutte pour sa propre survie institutionnelle.
Une enquête à haut risque. Si la junte parvient à assainir l'armée, elle sortira renforcée. Si elle échoue, elle risque l'effondrement.
Source image de couverture : Anadolu Agency
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Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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