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La RDC annonce la création d'une Garde minière de 20 000 membres pour sécuriser l'exploitation des matières premières. Le pays détient 70% des réserves mondiales de cobalt, massivement pillées par les milices et les réseaux de contrebande.
Publié le 4 mai 2026 à 10:32 UTC+0

La République démocratique du Congo (RDC) franchit une étape historique dans la gestion de ses richesses. L’Inspection générale des mines (IGM) a officiellement annoncé, fin avril 2026, la création d’une Garde minière, une unité spéciale paramilitaire dédiée à la sécurisation des sites d’extraction et des chaînes d’approvisionnement sur l’ensemble du territoire. Avec un objectif de 20 000 agents déployés d’ici fin 2028
Cette initiative, dirigée par l’inspecteur général Rafael Kabengele, répond à une urgence absolue : stopper le pillage massif des minerais stratégiques — cobalt, coltan, or, diamants — qui alimente depuis des années des milices comme le M23/AFC. Pour le gouvernement, il s’agit d’une reprise en main légitime : assainir la gouvernance, garantir la traçabilité et, in fine, renflouer les caisses de l’État en asphyxiant les circuits de contrebande, notamment vers le Rwanda.
Mais pour beaucoup d’observateurs, le risque est réel. Si cette garde devient un outil entre de mauvaises mains, elle pourrait elle-même se transformer en un instrument de prédation supplémentaire, créant une structure parallèle puissante, difficile à contrôler et potentiellement sujette à la corruption.
La RDC est condamnée à un paradoxe cruel : être l’un des sous-sols les plus riches du monde et l’une des populations les plus pauvres. Tant que l’État congolais ne pourra pas garantir la sécurité physique de ses sites miniers, il restera dépendant de forces extérieures et incapable de transformer ses richesses en moteur de développement durable.
À l’horizon 2050, cette Garde minière sera soit le socle d’une nouvelle ère de gouvernance transparente, soit une nouvelle couche de complexité dans un paysage sécuritaire déjà explosif. Le test de vérité pour Kinshasa ne sera pas le nombre de gardes déployés, mais la rigueur de leur chaîne de commandement et la transparence de leur mission.
Une force de protection ou une nouvelle armée dans l’armée ? L’avenir de la souveraineté minière congolaise se joue dès maintenant.
Source image de couverture : Cameroun24 net
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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