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À l'occasion du 3 mai 2026, RSF publie son classement mondial de la liberté de la presse. Le Mali y figure à la 121e place sur 180, qualifiant 2026 d'année noire. La Côte d'Ivoire est signalée comme bon élève. Deux Afriques coexistent.
Publié le 4 mai 2026 à 10:29 UTC+0

À l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse ce 3 mai, le nouveau classement de Reporters Sans Frontières (RSF) vient confirmer une réalité fracturée : l’Afrique progresse ici, recule là, mais ne laisse personne indifférent. Si certains pays côtiers affichent des signaux positifs, le Sahel, lui, s’enfonce dans une zone de silence inquiétante.
C’est l’une des éclaircies de ce palmarès 2026. La Côte d’Ivoire enregistre une progression significative, passant de la 64e à la 54e place sur 180 pays. Avec un score global en hausse, cette ascension de dix rangs récompense des réformes structurelles et une volonté manifeste d’assainir l’environnement des entreprises de presse. Une preuve que, avec de la constance, le cadre médiatique peut s’améliorer durablement.
À l’opposé, le constat est sombre pour les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES). Le Mali (121e) illustre cette dégradation profonde où le journalisme est sacrifié sur l’autel de la sécurité. Sous couvert de lutte contre la “désinformation” et au nom d’un “traitement patriotique” de l’information, les juntes au pouvoir ont refaçonné le paysage médiatique à leur convenance.
La situation y est devenue critique, marquée par l’autocensure, les pressions constantes sur les correspondants et des drames humains qui marquent les esprits. La disparition brutale en janvier 2026 du journaliste sportif Mohamed Soumaré reste, dans ce climat de tension, une cicatrice profonde pour la presse malienne.
Le message de RSF est limpide : le développement d’un continent ne peut se faire dans l’ombre. Une presse indépendante, capable d’enquêter sur les corruptions, de rendre compte des crises et de challenger le pouvoir, est le premier garde-fou de toute démocratie naissante.
Si l'Afrique de 2050 veut être une puissance globale, elle ne pourra pas se bâtir sur une “souveraineté informationnelle” qui n’est, en réalité, que le voile posé sur le mutisme forcé. La liberté d’informer n’est pas un luxe occidental, c’est une nécessité vitale pour le progrès du continent.
La presse africaine est à la croisée des chemins. D’un côté, la lumière de la transparence ; de l’autre, l’opacité du contrôle. Le choix appartient désormais aux décideurs, mais les conséquences, elles, appartiennent à l’histoire.
Source image de couverture : Reporters Sans Frontières
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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