Fil info
InfoNouveau site, même voix.
InfoNouveau site, même voix.
- InfoNouveau site, même voix.
Le 2-3 mai 2026, le président taiwanais Lai Ching-te arrive en Eswatini, seul allié africain de Taipei, malgré les pressions chinoises qui ont forcé les Seychelles, Maurice et Madagascar à révoquer leurs autorisations de survol. Il rencontre le roi Mswati III et signe des accords commerciaux.
Publié le 4 mai 2026 à 10:38 UTC+0

C’est une victoire diplomatique qui a des allures de défi. Après avoir été contraint d’annuler en catastrophe son voyage initial fin avril face au refus de survol de plusieurs pays de l’océan Indien; sous la pression manifeste de Pékin; le président taïwanais Lai Ching-te
L'Eswatini est l'unique allié diplomatique de Taïwan sur le continent africain depuis 2018. Pour Taipei, maintenir ce lien est une priorité stratégique absolue. Lors de cette visite, qui célèbre à la fois les 40 ans de règne du monarque et ses 58 ans, le président Lai a consolidé cette relation historique par la signature de nouveaux accords de coopération économique et douanière, tout en finançant des projets d'infrastructures majeurs.
Cet épisode illustre la méthode brutale employée par la Chine pour isoler Taïwan. Le refus de survol imposé par Madagascar, les Seychelles et Maurice n'était pas qu'une simple tracasserie administrative : c’était une démonstration de force de Pékin, capable de faire plier des États tiers sur des questions de souveraineté aérienne. En qualifiant cette visite de « farce d’évasion », Pékin montre son exaspération face à la persistance de cette alliance.
Pour l'Afrique, le cas de l'Eswatini pose une question fondamentale : l'indépendance de la diplomatie. Peut-on réellement mener une politique étrangère souveraine quand les pressions économiques et les intérêts chinois pèsent si lourdement sur les décisions nationales ?
À l’horizon 2050, les États africains seront-ils condamnés à choisir un camp, ou pourront-ils forger des alliances pragmatiques qui leur permettent de jouer leur propre carte, sans se soumettre aux diktats des puissances mondiales ? Pour l'instant, le bras de fer sino-taïwanais démontre que, sur le continent, la marge de manœuvre devient chaque jour plus étroite.
Lai Ching-te a réussi son pari, mais le coût politique et les pressions sur les alliés africains de Taïwan n'ont jamais été aussi élevés.
Source image de couverture : Reuters
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
Connectez-vous pour partager votre analyse sur cet article. Les contributions sont relues par la rédaction avant publication.
Chargement des commentaires…