Fil info
InfoNouveau site, même voix.
InfoNouveau site, même voix.
- InfoNouveau site, même voix.
Le 2 mai 2026, le Mali a officiellement quitté le CEMOG, la structure de coopération sécuritaire créée en 2010 avec l'Algérie, la Mauritanie et le Niger. Bamako accuse Alger de 'double jeu' avec les groupes terroristes.
Publié le 4 mai 2026 à 10:04 UTC+0

Le 2 mai 2026, Bamako a officiellement annoncé son retrait du Comité d’état-major opérationnel conjoint, le CEMOG, une structure créée en 2010 à Tamanrasset pour coordonner la lutte contre AQMI, le terrorisme et le crime organisé dans le Sahel. Derrière ce départ, le Mali accuse Alger d’une attitude ambiguë face aux groupes armés qui menacent sa sécurité, dans un contexte de fortes tensions diplomatiques entre les deux pays.
Pour la junte malienne, ce départ est un acte de souveraineté. Bamako veut montrer qu’il ne dépend plus de cadres de coopération jugés inefficaces, biaisés ou insuffisamment fermes face aux menaces qui frappent le pays. Le message est politique autant que militaire : le Mali entend reprendre la main sur sa doctrine sécuritaire.
Cette décision arrive dix jours après les attaques du 25 avril 2026, qui ont visé plusieurs localités stratégiques, dont Bamako, Kidal, Gao et Sévaré. Dans ce climat de pression sécuritaire, le pouvoir malien cherche à afficher une réponse plus autonome et plus dure.
Le retrait du Mali affaiblit un peu plus les mécanismes de coordination sahéliens. Le CEMOG réunissait encore l’Algérie, le Mali, la Mauritanie et le Niger ; avec le départ de Bamako, il ne reste que trois États autour d’une architecture déjà fragile. Cela illustre une tendance lourde : au lieu de construire des fronts communs contre les groupes armés, le Sahel se divise davantage en blocs, en méfiances et en réalignements successifs.
Le paradoxe est là : en quittant des structures qu’il juge défaillantes, le Mali gagne en liberté de ton, mais perd aussi en coopération opérationnelle. À court terme, la rupture peut flatter le récit souverainiste de la junte ; à moyen terme, elle complique encore la lutte contre des menaces qui, elles, ignorent les frontières.
Le dossier malien pose une question plus large pour l’Afrique de 2050 : peut-on vraiment sécuriser le Sahel sans mécanismes régionaux stables et crédibles ? Tant que chaque crise politique se traduit par une sortie d’accord, un gel de coopération ou un soupçon de trahison, la sécurité collective restera un objectif lointain.
Bamako reprend son autonomie, mais le prix de cette autonomie pourrait être un isolement stratégique de plus en plus coûteux.
Source image de couverture : Maroc diplomatique net
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
Connectez-vous pour partager votre analyse sur cet article. Les contributions sont relues par la rédaction avant publication.
Chargement des commentaires…